… les immortels ont encore du pain sur la planche.
Bienvenue à « yuzu », « télétravail », « révisionniste », « tofu » ou encore « vibromasseur » et « wokisme » : l’Académie française vient de publier le quatrième et dernier tome de la neuvième édition de son Dictionnaire (dont la version papier est éditée par Fayard).
Initiée en 1986, cette édition, dont le premier volume est paru en 1992, comporte désormais quelque 53 000 noms communs, soit 21000 mots ajoutés à la huitième édition de 1935.
Parmi les innovations de ce dernier volume, la volonté de refléter « la place considérable prise par les sciences et les techniques dans notre univers quotidien », les « transformations sociales et culturelles que connaît notre époque », et de souligner, par l’introduction de termes anglais, italiens, allemands, japonais, russes, turcs, arabes ou encore portugais, que « notre langue se montre plus que jamais accueillante envers les mots venus d’ailleurs ».
Une démarche louable, victime cependant de quelques ratés, rapidement identifiés par les internautes : ainsi, dans la version numérique du Dictionnaire, « préfète » est définie comme « épouse d’un préfet », « hétérosexuel » comme ce « qui est relatif à la sexualité naturelle entre personnes de sexe différent ».
Le collectif des Linguistes atterré(e)s n’a pas manqué d’épingler ces lacunes dans une tribune parue dans Libération, dénonçant « une vision passéiste de la langue et une méthode de travail obsolète ».
Caroline Pernes. Télérama n° 3906. 20/11/2024