En tant que « meilleur ami » européen de Donald Trump, le leader hongrois Viktor Orbán sort renforcé des élections américaines sur la scène internationale, bien qu’il fasse face à l’apparition d’un rival inattendu dans son propre pays.
Orbán savoure ce moment.
Après des années d’isolement et de boycott de sa présidence du Conseil de l’Union européenne, il se retrouve en position de force, accueillant un sommet européen crucial dans sa capitale.
Les 7 et 8 novembre, toute l’Europe s’est réunie à la Puskás Arena, le flambant neuf stade national. « On disait que nous étions isolés, que personne n’aimait la Hongrie, que ce sommet serait un échec. Mais nous sommes là ! Le sommet a été magnifique et nous avons conclu un pacte ! » déclare joyeusement le Premier ministre hongrois.
À ses côtés, Charles Michel et Ursula von der Leyen affichent un sourire contraint. « C’est spécial de voir l’Europe réunie chez son mouton noir », plaisante le Premier ministre albanais Edi Rama.
Les réseaux sociaux de la présidence hongroise de l’UE regorgent de superlatifs sur cet événement « sans précédent ».
Deux thèmes majeurs ont été au cœur des discussions :
- le rapport Draghi sur la compétitivité de l’UE
- la réélection de Donald Trump, qui a surpris tout le monde.
Ces sujets soulignent l’évolution des relations entre l’Europe et les États-Unis, à un moment où l’Union semble fragilisée par un moteur franco-allemand en panne.
Orbán, soutien de longue date de Trump, a été l’un des premiers à recevoir un appel de Mar-a-Lago le 6 novembre 2024. Bien que l’affront d’une visioconférence surprise avec Trump lors du dîner des Vingt-Sept n’ait pas eu lieu, Orbán n’a pas caché sa satisfaction.
Le triomphe de Trump est aussi le sien, renforçant ses idées et sa stature internationale.
En Hongrie, cependant, il doit faire face à l’émergence de Péter Magyar, un nouvel adversaire politique. Magyar, ancien membre du Fidesz, a su capitaliser sur un scandale touchant le régime et a formé un parti antisystème qui gagne du terrain.
Orbán, bien qu’il incarne l’élite hongroise depuis longtemps, voit sa domination contestée. L’économie hongroise, en difficulté, ajoute aux défis qu’il doit relever.
Résumé d’un article de Timothée Vilars. Le Nouvel Obs. N° 3138. 14/11/2024
Orban joue sa carte nationaliste et si les hongrois votent pour lui, c’est qu’ils sont satisfaits.