Après deux bonnes minutes d’hébétement total devant les résultats, il est désormais trop souvent coutume de se demander à chaque élection : comment en est-on arrivé là ?
Des centaines de raisons peuvent expliquer la victoire de Donald Trump aux États-Unis. Mais l’une est particulièrement imputable aux grands noms de la Silicon Valley – que l’on pourrait quasiment qualifier de « vrais leaders » de ce monde, à ce niveau.
Pendant des années, ces derniers nous ont vendu du rêve : ils étaient jeunes, ingénieux, soi-disant partis de rien. Ils s’étaient faits eux-mêmes, ils sont devenus riches, puissants, tout en continuant à penser au petit peuple.
La preuve : ils étaient pro-immigration, pro-LGBT, pro-avancées sociétales, en somme. La bonne blague !
Les Musk, Zuckerberg, Thiel et autres Andreessen n’ont jamais rien fait d’autre que rouler pour leurs propres intérêts. Horrifiés d’avoir été bousculés sous la présidence de Biden, qui a multiplié les procès et tentatives de régulation du numérique, ils ont tous retourné allègrement leur veste. À commencer par Musk, remplaçant officiel de la chaîne Fox News, qui a utilisé pendant des semaines sa plateforme X pour booster la campagne de Trump, ou bien Zuckerberg, qui s’est soudainement mis à flatter l’ego de Donald.
Mais après tout, ce sont leurs entreprises, ils font ce qu’ils veulent, non ?
Si l’on accepte d’être les victimes de leurs basses manœuvres algorithmiques et financières, oui. Sinon, il est urgent de renommer les réseaux sociaux pour ce qu’ils sont devenus : des réseaux politiques d’influence.
Lorraine Redaud. Charlie Hebdo. 13/11/2024
Un moyen simple les taxer fortement ou les interdire.