Une étudiante défie le régime iranien
La vidéo montrant, une étudiante iranienne se dévêtir et déambuler parmi les passants à Téhéran, en Iran, a fait le tour du monde depuis sa diffusion samedi sur les réseaux sociaux.
La jeune femme s’appelle Ahou Daryaei. Âgée de 30 ans, mariée et mère de deux enfants, elle étudie la littérature française sur le campus où se sont déroulés les faits. Son geste a été allègrement commenté en Iran comme à l’étranger, de nombreux internautes y voyant un acte « héroïque » de désobéissance civile dans la lignée du mouvement « Femme, Vie, Liberté ».
Les images montrent une jeune femme se déshabillant en pleine rue, puis marchant au beau milieu de la foule, incrédule. Elle finit par être arrêtée de manière violente et emmenée, à quelques dizaines de mètres. En à peine 48 heures, la vidéo a été vue des dizaines de millions de fois.

Avant d’agir de la sorte, Ahou Daryaei avait été réprimandée à l’entrée d’un bâtiment par des membres de la milice Basidji, une force paramilitaire à laquelle les autorités font régulièrement appel. Motif : elle ne portait pas le « maghnaeh’» – un tissu noir couvrant la tête, le front, le menton et la poitrine – obligatoire dans les universités. C’est en signe de protestation qu’elle s’est déshabillée presque entièrement.
D’après des sources locales, Ahou Daryaei a été arrêtée par des membres des Gardiens de la révolution, qui l’ont fait interner en psychiatrie. Les autorités iraniennes s’emploient en effet à diffuser la version d’une femme souffrant de troubles mentaux sévères. Une accusation classique, selon Mona Jafarian, cofondatrice du collectif Femme Azadi : « Ce que la république islamique nomme ainsi, c’est la maladie du dévoilement, qui serait un trouble psychiatrique d’exhibitionnisme, qui pousse les femmes à vouloir montrer leurs cheveux, leur corps ». Elle explique auprès du Parisien que dans ces centres, les femmes sont « droguées, on les tue psychologiquement, on tente par tous les moyens de les briser, de les remettre dans le droit chemin ».
Ce geste s’inscrit dans la lignée d’une puissante contestation du pouvoir née en septembre 2022 : les Iraniens, et plus particulièrement les Iraniennes, sont à. l’origine d’un mouvement de révolte inédit après la mort de la jeune Kurde Mahsa Amini, arrêtée pour ne pas avoir respecté le code vestimentaire iranien imposé aux femmes. Une révolte réprimée dans le sang par les autorités, avec un bilan d’au moins 551 morts et des milliers de personnes emprisonnées.
Amnesty International a appelé les autorités iraniennes à « relâcher immédiatement et sans condition » l’étudiante.
Article signé des initiales J. C. Le Dauphiné Libéré. 05/11/2024
Qu’est-ce qui compte dans cet événement, qu’en restera-t-il ?
L’homme devant les chars la place Tian’an men, la petite fille nue courant devant l’apocalypse des combats du Viêtnam, l’effigie de Che Guevara, ex-présidente de la Birmanie prix Nobel, Aung San Suu Kyi, voir Mai 68, Cohon Bendit, Jacques Sauvageot, la liste est longue de personnes ayant influé sur l’histoire. Certaines changèrent la vision ou l’histoire d’un pays, changèrent le système (social ou économique)…
MC
Quel courage! Je suis admiratif.
Cette courageuse personne est soutenue part tous les mouvements féministes, signons..