Une rentrée tendue pour la macronie

C’est la rentrée pour les députés et sénateurs. Ceux du parti macroniste se retrouvent ce mardi 10 sept 2024 à Rosny-sur-Seine (Yvelines) pour le début des journées parlementaires. Deux députés du groupe Ensemble pour la République (EPR, ex-Renaissance) manqueront à l’appel : Charlotte Parmentier-Lecocq (Nord) et Xavier Roseren (Haute-Savoie) ont annoncé dans la journée de lundi rejoindre le groupe d’Horizons, le parti d’Édouard Philippe, à l’Assemblée nationale.

Pour commencer la législature, Gabriel Attal, nouveau président de ce groupe de 97 députés, pouvait rêver mieux. Et ce n’est pas là, le seul problème auquel il est confronté. L’ancien locataire de Matignon, désormais dans l’opposition dite constructive, doit gérer un groupe où renaissent les tensions entre ceux qui viennent de la gauche et ceux issus de la droite. « Il y a un vrai risque de division » relève un membre issu de la gauche, « ulcéré » par les déclarations de certains de ses collègues très marqués à droite, notamment sur l’immigration.

Une rentrée après des échecs

Gabriel Attal devra maintenir une unité de son groupe, entre les députés en phase avec Michel Barnier et ceux qui ne lui accorderont « pas automatiquement » leur confiance comme Roland Lescure, ministre démissionnaire de l’Industrie. Le Premier ministre pourra d’ailleurs prendre directe­ment le pouls du groupe macroniste, puisqu’une première rencontre avec les députés EPR doit avoir lieu en fin de journée ce mardi.

« On n’a pas le luxe de divisions entre la gauche et la droite. C’est ridicule de morceler le groupe. L’urgence est d’insister sur le collectif », recadre Charles Sitzenstuhl, député du Bas-Rhin, qui n’oublie pas les échecs électoraux de son camp.

Fin politique, Gabriel Attal va déterminer avec son groupe les conditions de son soutien et des réserves qu’il émettra au gouvernement Barnier, dans lequel siégeront aussi des macronistes, comme des personnalités de droite et centristes. Pour lui, il s’agit de continuer à exister politiquement dans la séquence.
Emmanuel Macron considère que l’on vit un processus de-réinvention en profondeur de notre vie politique. En privé, il assure que Gabriel Attal a, dans ce contexte, un rôle clé à jouer à la tête du groupe à l’Assemblée. Deux mois après l’élection des députés, la législature démarre vraiment en ce début de mois de sep­tembre, et dès ce mardi pour les macronistes.


Nathalie Mauret. Le Dauphiné Libéré. 10/09/2024


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