Marine Le Pen a beau se défendre d’être la DRH de l’Élysée, pas un des 39 membres du gouvernement n’a été nommé sans son feu vert.
Ce nouvel exécutif formé par les perdants de la dissolution n’est pas seulement le fruit du coup de force d’Emmanuel Macron, décidé à piétiner la démocratie pour perpétuer des politiques sanctionnées par les Français. Il est le meilleur marchepied d’un RN sciemment placé en position d’arbitre par ceux-là mêmes qui en appelaient au « front républicain » pour sauver les meubles dans leur déroute électorale.
Voilà donc l’extrême droite qui donne le « la », place le gouvernement « sous surveillance », promet la censure au moindre écart. Ses idées sont au pouvoir, avec des ministres LR tenants d’une ligne ultraconservatrice, ennemis du mariage pour tous et du droit à l’IVG, adeptes d’une rhétorique aux relents racistes. Prise dans un calendrier judiciaire incertain, Marine Le Pen observe, calcule, tire les fils et joue le coup d’après.
En attendant, elle donne son aval au choc austéritaire qui se profile. Sa conversion à l’orthodoxie budgétaire dictée par Bruxelles ne date pas d’aujourd’hui : au début de l’année, devant la « dérive des finances publiques », elle en appelait dans une tribune publiée par le quotidien des milieux d’affaires les Échos à une « stratégie de redressement ».
Dans le même esprit, Jordan Bardella a placé sa campagne des européennes sous le signe du retour à « la raison budgétaire ». Sans recettes nouvelles ponctionnées sur les grandes fortunes et sur les bénéfices du CAC 40, la « raison budgétaire » n’est rien d’autre que le nom de la compression des dépenses publiques, de la démolition sociale. Macron, Le Pen et Barnier sont d’accord sur l’essentiel : moins d’argent pour la santé, l’éducation, les services publics, la transition écologique.
Pour garantir de tels arbitrages, le portefeuille du Budget est ramené dans le giron de Matignon. Le projet de loi de finances 2025, dont le cadrage reste encore obscur, doit être présenté au Parlement le 9 octobre, au lieu du 1er, comme le recommande pourtant la loi organique. Alors que la France est visée depuis fin juillet par une procédure européenne pour déficit excessif, il devra d’abord être approuvé par Ursula von der Leyen. Avant l’ultime imprimatur : celui de Marine Le Pen.
Article signé R. M. Humanité. Source
Seul l’avenir le dira à travers les votes.
Tour de vis généralisé ? Pas certaine que cela passe sans grincements de dents, et réactions syndicales et populaires… logiques..
Il conviendrait que nos gouvernants « ne prennent pas les enfants du Bon Dieu, pour des canards sauvages »… comme on dit en terre ardennaise.
Quand je lis dans une dépêche de l’Huma à 18 heures 10 qui vient de tomber, que le budget de la Santé « devrait » être amputé de 44 % l’an prochain, je me cramponne à ma chaise… pour ne pas balancer l’ordi par la fenêtre…