Au-delà des invectives et des petites phrases échangées entre Mélenchon et Ruffin, cette joute ouvre un débat de fond pour l’ensemble de la gauche.
» La gauche » oit-elle concentrer ses forces sur un électorat bien précis et acquis (Mélenchon) ou élargir sa cible (EELV, PCF, PS, etc) vers des terres plus hostiles ?
- Terminé les salamalecs. […] l’heure est à l’affrontement stratégique.
Pour Ruffin : « Il faut mobiliser la jeunesse et les quartiers populaires ! Tout le reste, laissez tomber, on perd notre temps. Là, se trouve la masse des gens qui ont intérêt à une politique de gauche. »
En novembre 2023, lors d’un colloque de l’Institut La Boétie, Mélenchon de la FI déclarait : « Le gros de la troupe, qui va nous faire gagner, ce sont les quartiers populaires où on vote pour nous à 80 % au premier tour, mais où 30 % seulement vont voter. Si nous montons à un niveau égal à celui de la participation du reste de la société, nous avons gagné. »
- Créer des ponts ou les couper
Au sujet de ces débats, pour Fabien Roussel, observe que « la classe ouvrière existe autant dans les campagnes que dans les banlieues. La gauche doit s’adresser aux classes populaires, à une partie de la France qui s’en détourne. La question du travail doit être centrale et nous permettre de rassembler tous les Français ».
Comment ? En créant des ponts à partir de problématiques communes, selon lui : « Les déserts médicaux sont partout. Quand la classe des riches mène une guerre sociale, c’est contre les classes populaires ».
En effet, la France rurale n’est plus uniquement paysanne depuis longtemps. Désormais, les classes populaires, garnies d’ouvriers, sont nombreuses dans deux espaces : les banlieues des métropoles, mais aussi dans la ruralité. Comme le décrit le sociologue Julian Mischi dans ses travaux, plus on s’éloigne du cœur des agglomérations, plus la part des ouvriers dans la population augmente.
Si elle est de 14 % dans l’agglomération parisienne et de 22 % dans les autres métropoles, elle dépasse 25 % dans le périurbain et 30 % dans les zones rurales… Si les deux espaces, quartiers et campagnes, s’abstiennent massivement, reste une différence majeure : les premiers votent à gauche, les seconds à l’extrême droite.
À la ligne de Roussel et Ruffin, Manuel Bompard, coordinateur de la FI, répond : « J’assume de dire que nos efforts doivent se poursuivre contre l’abstention chez les jeunes et dans les quartiers populaires. » Et si certains pensent qu’il faut « prioritairement » aller chercher d’autres électeurs, « qu’ils le fassent » ! « Nous sommes dans une coalition où chacun essaye d’apporter sa pierre à la réussite du NFP », indique-t-il, tout en soulignant que les jeunes et les plus pauvres n’habitent pas que dans les grandes villes.
La gauche doit-elle donc renoncer à tenter de convaincre l’électorat populaire et rural du RN ? D’autant que, selon le sociologue Félicien Faury, celui-ci se « solidifie progressivement » à mesure qu’il se « normalise »… « Dans les quartiers comme dans les villages, il y a un sentiment d’impuissance, de relégation, un besoin d’être considéré comme les autres, une disparition des services publics qui construit l’isolement, mais aussi une identité de soi de moins en positive, observe Marie Pochon, députée EELV de la Drôme. S’investir pour créer des ponts, ce n’est pas abandonner la radicalité d’un projet antiraciste, écologiste, social et égalitaire, c’est tout le contraire. »
Le débat est ouvert.
Anthony Cortes. Source (Extraits)
Oui et le problème que va rencontrer Mélenchon, si les naturalisations diminuent, c’est à terme le tarissement de son vivier.
Il faudrait surtout que le électeurs se sentent considérés comme des Citoyens, et aient conscience que leur vote soit utile.. .Les jeunes qui venaient d’avoir 18 ans, comme la plus jeune de mes petites filles, étaient fiers d’aller voter, de pouvoir participer au dépouillement le soir, de se sentir citoyens… zut, on efface tout…
Cela n’est malheureusement pas le cas pour tous, quotidiennement.. les bétises commencent quand on n’a pas de boulot, qu’on n » va plus au « bahut » dont on a été viré.., qu’on s’fait tabasser par le Père ou,le grand frère; et qu’on se fait régulièrement contrôler par la maréchaussée, dans la rue ou par les agents de la RATP.. qu’on n’a pas de titre de transport, et qu’on fait la manche devant le métro, pour acheter des cigarettes , un casse croute..
Les parents souvent au chômage, qui ne peuvent boucler les fins de mois, qui accumulent les dettes de loyer, qui roulent sans assurance, qui se font virer de leurs logements, sont dépassés.. par les événements et cette jeunesse qui vit mal..
Les Maires sensibles et solidaires qui fournissent des repas, qui prennent des arrêtés anti-expulsion au moins pour les périodes hivernales…. que le Préfet déferre immédiatement au Tribunal Administratif.. on les accompagne, même si nous ne sommes pas toujours les bienvenus… C’est la même chanson chaque année… Vous dites remaniement , Dissolution… Eux parlent logement, boulot, sécu, chauffage..