Assailli de questions sur la formation de son futur gouvernement, jeudi [12 sept 2024], lors de sa visite en Savoie et Haute-Savoie, Michel Barnier a filé la métaphore alpine en guise d’unique réponse. « Bien sûr qu’il faut des ministres. Là aussi je vais prendre le temps. Je suis un montagnard. C’est un pas après l’autre en faisant attention où on met les pieds. Donc je vais constituer le gouvernement la semaine prochaine avec des ministres sérieux et un gouvernement qui sera équilibré, représentatif, pluriel […I. Chacun aura sa place et après, il y aura du travail pour tout le monde. »
Si nous ne nous engageons pas, le pays est bloqué.
Après la visite de l’Institut national de l’énergie solaire, au Bourget-du-Lac (Savoie), il a de nouveau évité la question, à la Maison France Services d’Entrelacs cette fois, rappelant plutôt l’importance des services publics en milieu rural.
Puis, direction Annecy pour rencontrer les parlementaires Les Républicains, députés et sénateurs réunis. Même si leur groupe ne compte que 47 élus à l’Assemblée nationale, les LR sont le point de bascule d’une éventuelle majorité composite.
Un changement de ligne confirmé par leur leader Laurent Wauquiez : « Nous serons tous à ses côtés pour réussir. Ce n’était pas forcément notre approche au départ mais si nous ne nous engageons pas, le pays est bloqué. Mais nous ne serons pas là pour continuer le « en même temps ». On sera là pour qu’il y ait une rupture. Les Français veulent moins d’impôts, revaloriser le travail, plus de sécurité et moins d’immigration. Notre travail sera de défendre ces convictions et d’aider Michel Barnier en ce sens. »
Et sinon, quels premiers de cordée côté droitiers ?
Rien n’a filtré jeudi. Les parlementaires taquinés sur la question lors des visites, ont botté en touche. « Dans cette pièce, en dehors de moi, je suis certain qu’il y a de futurs membres du gouvernement », a par exemple estimé l’ancien député-maire d’Aix-les-Bains Dominique Dord, alors que les députés de droite étaient reçus en mairie. « Mais il ne faut pas non plus que cela devienne un gouvernement LR. Il faut élargir ».
Wauquiez : « C’est pas nous qui formons le gouvernement »
Interrogé sur sa possible nomination comme ministre de l’Intérieur, Laurent Wauquiez a évacué d’un sourire : « Ouh là… C’est pas nous qui formons le gouvernement. »
À Annecy où Michel Barnier a prononcé une allocution de près de trente minutes, la séquence n’était pas ouverte à la presse. Mais selon la députée haut-savoyarde Virginie Duby-Muller (dont il se dit qu’elle serait ministrable), aucun nom n’a été cité non plus.
« Le Premier ministre a parlé d’un gouvernement qui serait équilibré et devrait tenir compte des différentes composantes, c’était très général », a-t-elle rapporté.
Ce que confirmait un autre participant : « Rien sur le casting », mais Michel Barnier a évoqué la nécessité de « construire une minorité la plus large possible », puisqu’il n’aura « pas de majorité ».
Dès le matin, au Bourget-du-Lac, il avait d’ailleurs insisté : « Je ne vais pas faire des commentaires sur des commentaires. Je ne vais pas être ce Premier ministre qui fera de l’esbroufe. Je vais dire la vérité et continuer d’agir simplement. Je donnerai la priorité à l’action sur la parole. »
Moralité : au jeu du ni oui, ni noms, le nouveau locataire de Matignon est indubitablement très bon.
Article signé par des initiales F. D., P-E. B. et M. R. Le Dauphiné Libéré. 13/09/2024