Vouai, ben, c’est chez les Zautres, on s’en fout ! Pas si sûr, à y réfléchir un petit peu et analyser-enregistrer la « montée » des extrêmes droites dans autant de pays « Européens » MC
Alerte électorale en Allemagne
La couverture du magazine « Der Spiegel » ne prend pas de gants : « Comment le fascisme commence », avec les portraits de Donald Trump, de Marine Le Pen et d’un Allemand dont il va falloir s’habituer à voir le visage et le nom, Bjôrn Hôcke.
Dans les prochains jours, il risque de s’afficher dans le monde entier : Bjôrn Hôcke est un des leaders du Parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD), favori des élections qui se déroulent dans les trois Lànder de l’ex-RDA, le 1er septembre (Thuringe et Saxe) et le 22 septembre (Brandebourg).
Il y a évidemment un paradoxe à s’inquiéter de la montée d’un parti d’extrême droite en Allemagne quand on voit le score du RN en France. Mais justement parce que c’est l’Allemagne, un pays qui a longtemps semblé immunisé contre la montée des extrémismes en raison de son passé, la poussée de l’AfD prend un tour sinistre. D’autant que ce parti a été jugé trop toxique par Marine Le Pen, qui l’a exclu de son groupe parlementaire européen, c’est dire…
Et s’il n’y avait que l’AfD. Un autre parti réalise une percée spectaculaire, quelques mois à peine après sa création : l’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW), qui porte le nom de sa fondatrice. BSW se décrit comme un parti « conservateur de gauche », c’est-à-dire progressiste sur les questions sociales, mais conservateur sur les enjeux sociétaux, en particulier l’immigration et la sécurité. Il a été lancé en janvier par Sahra Wagenknecht, qui a été membre du Parti communiste est-allemand en son temps, puis de Die Linke, la gauche radicale allemande.
L’AfD et BSW réalisent leurs meilleurs scores dans ce que l’on continue de qualifier de « nouveaux Lânder » de l’Est, trente-quatre ans après la réunification. Ils font des scores bien plus modestes à l’Ouest, illustrant le fossé psychologique qui ne disparaît toujours pas entre les deux Allemagnes d’hier. Mais leur percée a un impact certain sur le système politique dans son ensemble, à un moment de grande fragilité. Les partis de la coalition au pouvoir à Berlin sont devenus insignifiants à l’Est, exacerbant leur baisse d’influence générale à l’approche des élections fédérales de l’an prochain.
L’impact de la poussée radicale à l’Est se fait sentir aussi dans les débats politiques nationaux. Et c’est une fois de plus l’aide militaire à l’Ukraine qui risque d’en faire les frais, comme à Washington lorsque les trumpiens bloquaient un vote crucial ; comme à Bruxelles lorsque le Hongrois Viktor Orbàn transforme chaque décision sur l’Ukraine en un chantage politique sur ses partenaires. Cette fois, le coup est venu de Christian Lindner, le ministre allemand des Finances et chef de file des libéraux (FDP), le plus petit parti de la coalition qui joue sa survie. Lindner a prôné un arrêt de toute aide allemande supplémentaire à l’Ukraine en guerre, une revendication centrale de l’extrême droite et de l’extrême gauche dans les campagnes électorales dans les Lânder de l’Est. Le chancelier Olaf Scholz a réitéré son soutien à Kiev et promis que l’Allemagne resterait le principal pays européen à aider l’Ukraine ; mais le doute s’installe.
La fragilité politique allemande serait moins grave si elle ne coïncidait avec l’éclipse post-électorale française. Paris et Berlin constituaient le moteur essentiel de l’Europe, et ce moteur est aujourd’hui en panne. Ce n’est pas de l’Allemagne qu’il faut s’inquiéter, mais de l’avenir de l’Europe, soumise à un stress-test au pire moment de tension internationale.
Pierre Haski. Le Nouvel Obs. N° 3127. 25/08/2024
Il faut arrêter de jouer les vatenguerre avec l’Ukraine, depuis plusieurs mois Poutine se déclare ouvert aux négociations mais sous la pression des occidentaux anti russes (France Poligne Allemagne UK USA) Zelensky refuse toute négociation. Cette guerre est une guerre par procuration de l’otan contre la Russie, les victimes étant les ukrainiens.