… reste à déterminer qui est le clown de service…
« Flotter dans un nuage de tolérance, d’amour et de joie… » Joli programme que celui-là !
Le « nuage » en question, même très chargé de pluie, n’a pas gâché la fête d’ouverture des Jeux olympiques, concoctée par Thomas Jolly, auteur de la formule et metteur en Seine de ce spectacle inaugural hors du commun, sinon hors du (mauvais) temps. Le cahier des charges a été tenu haut la main.
Il y a eu de l’« Hymne à l’amour » en direct du premier étage de la tour Eiffel, de la joie sur les bateaux et devant les écrans, de l’émotion en prime et, finalement, très peu d’intolérance.
Excepté, bien sûr, celle, caricaturale, de l’extrême droite, d’énervés traditionalistes ou de Trump, qui, comme quelques autres éructeurs patentés, ont hurlé au blasphème après avoir, dans l’un des tableaux de la parade, pris Dionysos en goguette pour Jésus en culotte de queer. Et ainsi confondu les dieux de l’Olympe en drag-queens avec des apôtres de la Cène et avec le Christ. Mais, là encore, ce contretemps n’a pas entamé l’engouement olympique.
Le « nuage », ajouté à une belle averse de médailles, continue d’avoir un effet des plus euphorisants sur l’actualité du moment.
Et de masquer tout ce que cette actualité peut avoir de plombant. À commencer par les crises géopolitiques et, surtout, par les guerres en Ukraine et à Gaza, avec un risque d’extension du conflit au Liban, après une attaque meurtrière contre un village druze en Israël attribuée au Hezbollah. Là, ni trêve ni euphorie, mais c’est un peu comme si le « nuage », au moins pour un moment, reléguait tout ce qui est anxiogène au second plan.
Il en va de même des problèmes de finances publiques ou de recomposition politique. La dette abyssale, dont le remboursement va faire de plus en plus mal, et le pays qui vient d’être placé en procédure de déficit excessif par l’Union européenne ?
On ne peut pas décrocher des médailles partout, on verra à la rentrée. Idem pour les dépenses de santé, qui risquent de déraper de 1 milliard d’euros ? C’est peu de chose à côté des 3 à 5 milliards d’argent public, au bas mot, que coûteront à l’État les JO, selon la Cour des comptes.
Quant au budget 2025 et au risque de blocage institutionnel sans majorité, qui n’est pas à écarter, chaque chose en son temps. On ne va pas se gâcher les JO pour si peu. Et puis, les ministres démissionnaires sont là.
C’est juste que, entre les problèmes de sabotage ferroviaire et ceux de la chaleur sur la compétition, ils doivent en priorité veiller au bon déroulement des Jeux avant d’être remplacés. L’épreuve des affaires courantes n’est pas terminée. Et l’eau de la Seine prend le pas sur la politique.
Lucie Castets, postulante du Nouveau Front populaire pour Matignon, en sait quelque chose. Elle a beau se lancer dans la compétition et, après avoir prôné le contraire, se dire « prête à chercher le compromis », elle attire moins les foules qu’une championne d’escrime ou de VTT.
Et continue d’être ignorée par Macron. Après s’être montré à la tribune et au pied des podiums, il est parti en vacances à Brégançon. Mais, fait-il répéter, il est prêt à rentrer dès que les JO l’imposeront.
Cela ne l’empêche ni d’être épinglé par la Cour des comptes ni d’imaginer des équipes et des transferts pour essayer de se retricoter un semblant de majorité et de chercher un champion ou une championne pour Matignon. Là encore, ce sont les Jeux d’abord !
Des Jeux qui continuent « dans la tolérance, l’amour et la joie ». Sans trop penser à l’après, où, comme au casino, c’est bien connu, c’est quand les jeux sont faits que rien ne va plus !
Éditorial d’Erik Emptaz. Le Canard Enchaîné. 31/05/2024
Et pendant ce temps Macron fait comme s’il avait encore une quelconque légitimité, nommant ses amis à des postes prestigieux, rompant avec la diplomatie prudente traditionnelle de la France en reconnaissant l’annexion du Sahara occidental par le Maroc… Ces JO permettent à Macron de justifier la continuité malgré le refus des français.
et ilndéclenche aune crise diplomatique avec l’Agérie…
La Boétie
Merci Anne-Marie pour ce commentaire citation.
Amitiés. Michel