Il faut nommer les choses
Les objets et les sentiments
Même si le doute rôde autour du langage
Il faut choisir les mots
Dire je t’aime à l’aimée
Prendre la main quand le départ est imminent
Avec les deux bras tendus
Repousser la solitude
La jeter loin dans la mer
Nommer c’est être présent
Savoir que
Le temps ne distribue pas de cadeaux
Être là
Solidaire et fraternel
Sans regarder la montre
Ni espérer la clémence du ciel.
Tahar Ben Jelloun. Recueil : « Douleur et lumière du monde ». Éd. Gallimard