Nicolâs Maduro : caracasseur
- « On va se battre.
- Viens ici au Poliedro (arène sportive de Caracas) (…).
- Tu veux un combat ?
- Elon Musk, je suis prêt, je suis le fils de Bolivar et de Châvez, je n’ai pas peur de toi. »
Ainsi parlait, le 31 juillet lors d’une conférence de presse, le vainqueur autoproclamé de ‘élection présidentielle au Venezuela, Nicolâs Maduro. Ses roulements de biceps n’ont pas fait rire la majorité de ses compatriotes, ni les observateurs internationaux, qui attribuent à l’opposition a victoire — autour de 60 % des voix.
Dans la foulée, la Cour suprême, impavide, a « disqualifié pour quinze ans » Maria Corina Machado, la andidate de la droite libérale, soutenue par l’ensemble de l’opposition mais empêchée de se présenter.
Soulagés, la Russie, la Chine et l’Iran ont salué cette « victoire » que contestent aujourd’hui des manifestants courageux, menacés, pendant la campagne, d’un « bain de sang » par Maduro lui-même. Un vrai miraculé de la guerre en Ukraine, ce « fils de Bolivar et de Châvez » !
Car les sanctions contre la Russie ont rendu très sexy le pétrole du Venezuela, dont les réserves sont parmi les plus importantes du monde. Les cours ont remonté en flèche, donnant un peu d’air à une économie effondrée. Merci, Poutine !
Courtisé par Viktor
Cet or noir crée la zizanie jusqu’à Bruxelles, où l’Union européenne se contente du service minimum : Josep Borrell, diplomate en chef de l’UE, a certes protesté contre les élections truquées de Caracas, mais aucune déclaration commune des Vingt-Sept ne pointe à l’horizon.
Le coupable s’appelle Viktor Orbàn, le Premier ministre hongrois, qui n’a pas de pétrole mais une seule idée : s’en procurer coûte que coûte, y compris au Venezuela. A part lui, Maduro a peu de fans en Europe. Le petit parti Sumar est le seul de la coalition de gauche au pouvoir en Espagne à avoir appelé à la « reconnaissance des résultats ».

En France, même Jean-Luc Mélenchon a oublié de féliciter le camarade Maduro. Sans doute un problème de connexion sur son lieu de vacances.
Le pétrole suffira-t-il à sauver le grand moustachu sortant ?
Son camp veut croire que cette année 2024 sera la première depuis 2017 à connaître une inflation inférieure à 100 %.
Pas sûr que cela fasse revenir les plus de 7 millions d’exilés qui ont fui la répression, la criminalité, les pénuries de nourriture, l’effondrement de l’enseignement et de la santé, aggravés par le blocus américain.
Pas sûr non plus que le bolivar, la monnaie officielle, s’en porte mieux. Au pays de la gauche maduresque, le dollar est devenu roi, même pour les achats du quotidien. Avec l’inflation, malheur à qui touche son salaire en bolivars !
Tels sont les exploits du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), qui se réclame de Jésus-Christ, de Karl Marx, de Simon Bolivar, sans oublier Hugo Chàvez, le président qui, en 2013, sur son lit de mort, désigna Nicolàs Maduro comme successeur.
Nicolàs qui ? Ancien chauffeur de bus, ex-patron du puissant syndicat du métro de Caracas, Maduro, dont le nom signifie « mûr » en espagnol, paraissait tout sauf mûr pour le pouvoir suprême.
Adoubé par Hugo
Apparatchik falot formé à l’école des cadres de La Havane, il a appris à se lâcher devant les journalistes : ses adversaires sont des « enculés » qui peuvent « aller se faire baiser ». Un jour, il annonce que la dépouille de Chàvez mérite d’être embaumée comme celle de Lénine ; un autre jour, que le mausolée de son mentor sera gardé par quatre soldats en uniforme rouge de l’époque de Bolivar et que, chaque jour à l’heure exacte de sa mort, la garde devra tirer un coup de canon dans le ciel de Caracas.
En réalité, ce clown tragique cache un grand mystique. En 2013, il racontait devant la caméra une curieuse rencontre « dans une petite chapelle en bois vers 8 heures, 8 h 30 du matin » : « J’étais en train de prier et de penser à [Chàvez] (…). Soudain, un petit oiseau est entré, et il a fait trois tours au-dessus de moi. Il s’est posé sur une poutre et il a commencé à siffler. Un beau chant. Alors je l’ai fixé et j’ai sifflé aussi. L’oiseau m’a regardé bizarrement. Il a sifflé encore, il a fait un tour, et il est parti. Et j’ai senti l’esprit [de Chàvez], comme s’il nous bénissait en nous disant : « Aujourd’hui commence la bataille, allez vers la victoire, vous avez ma bénédiction. » »
Selon certains témoins, le volatile lui aurait conseillé l’inverse : partir sous les sifflets.
Frédéric Pagés 07/08/2024
Et pourtant le programme économique de Maduro c’est celui du NFP. Et on voit le résultat. Prix bloqués = pénuries. Retraite pensions fonctionnaires smic on retrouve dans le chavisme (ne parlons pas de Bolivarisme ça n’a aucun sens) les idées généreuses de la gauche et si il est encore soutenu par 40% des vénézuéliens c’est bien que la redistribution a ses adeptes, mais hélas il n’y à plus rien à redistribuer car les classes moyennes aisées, ingénieurs techniciens professions libérales, sont parties, reste le pétrole fort mal exploité faute d’ingénieurs et techniciens. Ne rions pas, ça peut nous arriver, mais sans le pétrole il ne restera pas grand chose, on pourra toujours de saouler au picrate
En premier lieu est-il possible de faire un parallèle entre :
Un pays qui a des ressources exportatrice immense…
Un pays qui n’a comme ressource que l’importation – Exemple la France.
En second lieu comme dans tous les Pays d’Amérique du Sud, l’emprise hégémonique des USA est grande et dans le domaine fait la pluie et le beau temps, intellectuel moral et surtout commercial. Qu’un État se dote, poussé par sa population la plus défavorisée, d’un président souhaitant s’affranchir de certaines contraintes commerciales notamment de ne pas accepter exploitation des ressources de son sous-sol par des compagnies étrangères ; Les États-Unis fomentent en sous-main une forme de révolution. Le Venezuela n’échappe pas à cette maudite règle.
Amitiés. Michel
Et Cuba subit toujours l’embargo américain depuis plus de 60 ans et traverse une période difficile, selon l’interview de l’Athlète SOTOMAYOR, présent à Paris, qui détient toujours le recours du monde du saut en hauteur…
le Chili a retrouvé le Président LULA…
L’élection éventuelle de D. TRUMP ne doit pas les faire rigoler…