
Dans mon pays
La terre chante et danse avec les saisons
Le ciel est rarement avare
Il verse tant de pluie et de biens
Parfois il exagère
Les vannes sont ouvertes
Les corps sont trempés
Et les coeurs vidés
Les maisons emportées
Dans mon pays
L’horizon n’est jamais rectiligne
Il est courbe et source de feu
Lumière sur lumière
Toujours proche
Toujours lointain
Il est les épaules de la terre
Fatiguée de nous porter.
Tahar Ben Jelloun. Recueil : « Douleur et lumière du monde ». Éd. Gallimard. (Photo MC- Repro interdite)