Vouloir

Rosa Parks passe son enfance dans l’Alabama, un État du Sud des États-Unis, auprès d’un papa charpentier et d’une mère institutrice.

Là-bas, au début du XXe siècle, les « Noirs » et les « Blancs » n’ont pas le droit de se mélanger. C’est ce qu’on appelle la ségrégation raciale : les « Noirs » sont séparés des « Blancs » dans tous les lieux publics, et ils vont même aux toilettes dans des WC différents ; tu imagines cela ?

Petite, Rosa doit aller à l’école à pied, car les bus scolaires sont réservés aux « Blancs ». C’est très injuste.

Devenue grande, alors que Rosa rentre du travail, épuisée, elle s’assied dans l’autobus et prend la dernière place libre. Mais une famille de « Blancs » monte à bord, et le conducteur lui demande de céder son siège. « Non ! » dit-elle.

Pour avoir désobéi, Rosa va passer la nuit en prison.

Tous ses amis et de nombreux militants décident alors de poursuivre cette lutte pour l’égalité. « Refusons de monter dans les autobus jusqu’à ce que la loi change », proclament-ils.

Le boycott dure 381 jours. Finalement, le 20 décembre 1956, la Cour suprême des États-Unis déclare que, désormais, « Noirs » et « Blancs » auront les mêmes droits dans les transports publics.

C’est une formidable victoire ! Par la suite, petit à petit, d’année en année, la ségrégation est abolie dans les autres États. Rosa a eu bien raison de se révolter !

Il n’existe pas de petites actions. La plus infime des révoltes peut mener à la plus grande des luttes, alors bats-toi pour la justice.


Sophie Carquain. Recueil : « J’aimerais te parler d’elles ». Éd. Albin-Michel


Note : un livre qui se lit à tout âge de 7 à 77 ans minimum.


Ajout après avoir reçu un commentaire qui rectifie une affirmation. Merci Anne-Marie

Le 2 mars 1955, Claudette Colvin, jeune femme noire d’à peine 15 ans, refuse de céder sa place dans un bus à une passagère blanche. Le 1ᵉʳ décembre de la même année, dans la même ville d’Alabama, dans le même bus, Rosa Parks refusait elle aussi de laisser s’assoir à sa place un passager blanc. C’est finalement cette dernière que l’Histoire a retenue. Mais pourquoi ?

Rosa Parks, une image plus « acceptable » que Claudette Colvin

Un même geste symbolique, et pourtant deux impacts bien différents. Lorsque Claudette Colvin initie la révolte, elle n’a que 15 ans. Elle rentre de l’école comme tous les jours. C’est une adolescente à l’âme rebelle. Mais un autre critère rentre en compte. Selon elle, elle avait la peau « plus foncée » que Rosa Parks et cette donnée était importante.

En effet, afin de faire accepter les droits des afro-américains, il semblait plus simple qu’une femme à la couleur de peau plus claire porte le combat. Aujourd’hui cette logique parait bien sûr inacceptable, mais l’Amérique des années 50 était particulièrement raciste. On décida donc d’y aller en douceur. À 43 ans, Rosa Parks est une femme mariée, pieuse, aux cheveux lisses et déjà identifiée comme militante. Son profil est donc parfait pour représenter la cause.

La mère de Claudette Colvin dit même à sa fille :
« Laisse Rosa Parks être la bonne. Sa peau est plus claire que la tienne et les blancs l’aiment bien. »


3 réflexions sur “Vouloir

  1. tatchou92 10/07/2024 / 16h30

    ROSA PARK.. ANGELA DAVIS… MARTIN LUTHER KING… NELSON MANDELA… devraient tous entrer au PANTHEON de l’HISTOIRE DES DROITS DE L’HOMME, avec SOEUR TERESA…

  2. raannemari 10/07/2024 / 19h43

    Ce n’est pas Rosa Parks, mais Claudette Colvin, qui, la première,le 2 mars1955, à l’âge de 15 ans, refuse de laisser sa place à une blanche dans un bus.

    • Libres jugements 11/07/2024 / 9h54

      Grand merci, Anne-Marie, pour cette rectification que pour ma part, je ne connaissais pas.
      Je fais un ajout à l’article immédiatement.
      Amitiés. Michel

Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.