L’OCI, c’est…

… appelons ça une secte politique d’extrême gauche… C’est un mouvement qu’il faut connaitre pour comprendre les exigences/intransigeances de LFI… MC

Aujourd’hui, l’Organisation Communiste Internationaliste (OCI) [façon] Mélenchon pourrait aisément être classée à l’extrême droite. Le 10 mai 1968 au soir, alors qu’éclate la première nuit des barricades, l’OCI et son organisation de jeunesse, la Fédération des étudiants révolutionnaires (FER) ; organisent un meeting salle de la Mutualité, à Paris.

Les participants sortent en cortège, drapeau rouge en tête et gagnent le Quartier latin. Vont-ils fraterniser ? Non, ils viennent dénoncer une provocation, réclamant la dispersion d’émeutiers irresponsables et aventuristes.

Les années qui suivent sont aussi étonnantes. L’OCI refuse les mouvements issus de 1968. Le Larzac, le mouvement antinucléaire initié par Charlie, le féminisme, les combats écologistes naissants, les luttes antimilitaristes, la bagarre antifasciste, la solidarité avec le Chili. Ils ne participent à rien.

Benjamin Stora, ancien cadre lambertiste (dans La Dernière Génération d’Octobre) : « Nous sommes ainsi passés, volontairement, à côté des marches du Larzac […] des combats féministes […], des « comités de soldats » [. I Les pollutions, les problèmes liés à la santé et à l’environnement, le prix et la qualité de l’eau, le bruit, le stress [. 1 Cette dimension n’était jamais prise en compte. »

Le reste s’appelle violence. Une violence déchaînée pour attaquer, disperser, matraquer, blesser ses adversaires politiques de gauche. La liste des affrontements à l’initiative de l’OCI est longue de dizaines de faits divers. À l’université Censier, le 21 janvier 1971, des militants de l’OCI casqués, matraque en main, balancent par une fenêtre du deuxième étage six étudiants communistes. Et le même scénario se reproduit dans presque toutes les universités françaises, car l’OCI s’empare à ce moment de la direction de l’Unef, syndicat étudiant. Avec de bien belles méthodes.

Ainsi, en 1975, Denis Sieffert, longtemps directeur de Politis, devient président de l’Unef lambertiste, qui doit faire face à l’Unef-Renouveau, aux mains du PCF. Le service d’ordre de l’OCI réussit à coincer le responsable de l’Unef-Renouveau, Paul Robel, et lui casse la gueule. Or Robel, membre du PCF, est en fait lambertiste, et l’avouera plus tard.

Signalons enfin ce sordide incident de Jussieu, en avril 1980, tel que rapporté à l’époque par l’hebdomadaire Rouge. Les membres de l’OCI s’en prennent cette fois à la Ligue communiste : « La camarade Françoise du Bureau national des JCR a été traitée de « pouffiasse pabliste [du nom d’un trotskiste concurrent, ndlr] » : Un camarade antillais a été traité de « babouin ». Lors d’une réunion […], les militants de l’OCI lui ont jeté des peaux de banane à la tête… Bavures ? Comment peut-on le croire quand un dirigeant, Plantagenêt, a donné le ton de toutes ces injures racistes et sexistes ? »

Le service d’ordre est au cœur de l’action, composé exclusivement d’hommes. Les chercheurs Lucie Bargel et Karel Yon résument l’esprit de l’organisation de Mélenchon : « Le virilisme, réactivé dans la mythologie et les entraînements du Service d’ordre, la mise en scène du machisme ou de l’homophobie ; la valorisation de l’esprit d’appareil (1) » Homophobie, machisme ?

L’ancien dirigeant du PS Gérard Floche, qui a bien connu les gens de l’OCI, écrit dans son livre Le Social au cœur : « Ils étaient ouvertement sexistes, anti-homosexuels, machos. » Dans une autre étude, du seul Karel Yon, cette fois, on lit une enquête portant sur d’anciens membres de l’OCI.

Florilège de témoignages : « C’était très amusant en fait, de taper en permanence les militants de l’UEC [Union des étudiants communiste, ndlr], oui on avait le mythe du service d’ordre tout-puissant, à qui personne ne peut résister […] Cette volonté de confrontation permanente, se trouver en permanence, de toutes façons, on était toujours, on est toujours le plus fort, y compris physiquement. »

Sur les femmes : « Il n’y avait aucune réflexion, et d’ailleurs c’était strictement interdit, […] sur l’émancipation de la femme et l’oppression de la femme […] Tous les mouvements féministes étaient caractérisés comme des mouvements contre-révolutionnaires, petits-bourgeois […] C’était exactement le même positionnement pour les homosexuels. Il était interdit d’être homosexuel. » Enfin : « Il y avait une réputation […] qui était de beaucoup recruter par le cul, et bien je confirme. C’était une organisation […] avec des méthodes, vis-à-vis des femmes [rire] des méthodes, plus que contestables […] avant tout, de drague classique hein ».

Un bien beau programme.


Fabrice Nicolino. Dessin de Riss. Charlie Hebdo. 17/07/2024


1. shs.hal.science/halshs- 00870069/document


Une réflexion sur “L’OCI, c’est…

  1. bernarddominik 23/07/2024 / 8h58

    Un excellent article qui montre un des ressorts de la politique fasciste: la haine de l’autre.

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