Il fourbissait ses armes pour 2027, mais le magnat ultraconservateur a pu entamer sa croisade dès la dissolution, imposant, avec son puissant groupe médiatique, son idéal d’union entre RN et LR.
[…] Dès l’annonce des législatives anticipées, il a mis toute sa puissance médiatique au service de l’union des droites Rassemblement national-Les Républicains, qu’il a lui-même activement échafaudée avec Eric Ciotti, le président déchu des LR, selon « le Monde ».
Les « médias de Bolloré » ne couvrent pas la campagne, ils « font » campagne, créant un schéma en tout point inédit en France.
En mai dernier, CNews est devenue la chaîne d’information n° 1 (en part de marché, pas en spectateurs), pour la première fois, devant BFM TV. Alors au diable la pause estivale ! Le souverainiste Philippe de Villiers a prolongé son émission qui cartonne sur CNews, lançant : « À la France qui veut rester la France, je dis ceci : on est en juin 4o, levez-vous ! » Cyril Hanouna, en vacances après la dernière de « Touche pas à mon poste ! » (« TPMP ») sur C8, a ouvert sa boutique éphémère, « On marche sur la tête », sur Europe 1, dédiée à la campagne.
[Durant les périodes électorales le] temps est compté avant le vote, alors ce n’est pas l’heure de s’encombrer des diktats du Conseil d’État et de l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel, qui imposent une pluralité de points de vue dans les débats. Celle-ci se mesure non seulement en temps de parole des politiques, mais aussi — c’est nouveau — dans les propos des chroniqueurs et invités.
À peine Hanouna prenait le micro que rappliquaient à la queue leu leu Eric Ciotti, Marion Maréchal, Eric Zemmour, Jordan Bardella…, 16 invités sur 29 relevant du bloc « extrême droite ». À l’inverse, le traitement de la gauche, « systématiquement critique et virulent », en des « termes souvent péjoratifs et outranciers », a fini par être sanctionné : l’Arcom a mis en demeure Europe 1… la veille de la dernière émission de Cyril Hanouna.
À Jordan Bardella, le « JDD » a offert sa une à une semaine du premier tour. […] Pascal Praud assure que « personne en France ne pense qu’il soit d’extrême droite ». […]
Mais, plus encore que la promotion de l’union des droites, la « Réac Info » met toute son énergie pour faire barrage à la coalition des gauches, le Nouveau Front populaire, en agitant une peur cardinale : l’antisémitisme prétendu des insoumis (dont certains leaders et candidats ont tenu des propos problématiques), qui, par capillarité, s’étend à tous les socialistes, écolos et consorts. […]
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Vincent Bolloré mène bien une croisade civilisationnelle à travers ses médias. Et, le rapprochement de la droite et de son extrême, porté par Eric Ciotti, il y songe depuis un bout de temps. Une scène rapportée dans « le Nouvel Obs » prend tout son sens aujourd’hui : en septembre 2022, alors qu’entame la bataille pour la présidence des Républicains, le « JDD » met en majesté à « sa » une l’un des candidats, Eric Ciotti. Un choix de Bolloré himself ! Pour calmer Bruno Retailleau, l’autre postulant, « Vincent » le lui promet : « On traitera tout le monde. » Retailleau y a cru…
[…]
Véronique Groussard. Le Nouvel Obs. (Courts extraits) N° 3118. 04/07/2024
Bolloré mène une campagne pour une France traditionaliste.[…] Je comprends ceux qui ne veulent pas que nos villages se transforment en médinas. J’ai bien connu Saint Denis il y a un peu plus de 50 ans, notamment la fête du Landi, la ville d’aujourd’hui est devenue une copie de Bamako avec les mêmes problèmes d’insécurité.[…] Je […]peux comprendre Bolloré qui dit clairement non à ce projet.