À l’ère de l’hypercommunication, […] le gouvernement peut annoncer une réforme structurante, puis rétropédaler ; prendre un engagement une semaine et dire l’inverse la suivante. Ce n’est plus de l’inconstance, mais une méthode, aux conséquences délétères pour la confiance dans la politique.
[…] Avril 2022 ce mot d’ordre péremptoire : « Ce quinquennat sera écologique ou ne sera pas. »
Deux ans plus tard, le cynisme de cette promesse, censée lui assurer les voix de la gauche contre Marine Le Pen, laisse amer.
[…] … ce second mandat, n’est que renoncements.
[…] à moins de trois semaines des européennes, face au RN qui creusent l’écart, il s’agit de ne rien dire qui puisse faire perdre un point supplémentaire. C’est alimenter, de fait, le backlash : dans toutes les démocraties occidentales, l’essor du climatoscepticisme accompagne la vague populiste, et l’écologie, abordée seulement sous le prisme des contraintes, est devenue le bouc émissaire de toutes les colères.
Les droites et les extrêmes droites – comme certains ministres – s’en repaissent, imposant un vocabulaire outrancier pour dénoncer des mesures « punitives » et des militants « écoterroristes ».
[…] … selon les enquêtes d’opinion, les Français placent le « réchauffement climatique » juste derrière la « crise migratoire » dans les sujets les plus importants pour l’Europe. […]
Baisser les bras face aux défis environnementaux n’est pas seulement lâche. C’est économiquement ravageur — le coût des dégâts climatiques s’annonce exponentiel — et surtout criminel.
Chaque jour, des records de chaleur sont battus et des phénomènes extrêmes se déchaînent. C’est l’habitabilité de notre planète qui est en jeu. L’écologie n’est pas une lubie de bobos : c’est un combat universel pour les droits humains.
[…] Quand le pouvoir politique faillit, la justice est une voie d’avenir et une arme redoutable. Mais elle manque de lois claires, de magistrats formés et surtout d’une réelle police judiciaire.
Alors que la criminalité environnementale est la troisième la plus lucrative (après les trafics de drogue et d’êtres humains), il n’est plus possible de tolérer les crimes d’écocide commis par les grands groupes industriels et les nouvelles mafias qui prospèrent en polluant, déforestant, détruisant.
[…]
D’après un article de Flore Thomasset. Le Nouvel Obs N° 3112. 23/05/2024
Voir ou revoir … avec AJOUT LIEN
le navire prend l’eau..