Je suis obligé de tout faire », maugrée Macron.
Il en fait certes beaucoup, mais, le problème, justement, est que ses troupes ne lui en demandent pas tant. Et préféreraient même qu’il en fasse nettement moins. Car, elles ne sont pas les seules à le constater, à quatre jours à peine du scrutin européen, il a beau s’agiter sur tous les fronts et intervenir sur le moindre sujet, son activisme forcené à la « Speedy Sarko » revisité n’a pas fonctionné.
Pas plus les grands discours sur l’Europe que la dramatisation sur l’Ukraine ou la proposition de monter sur le ring face à Marine Le Pen. Fini le temps de la campagne précédente, où la moindre intervention pouvait requinquer les mauvais sondages. Là, non seulement sa photo n’est plus vendeuse — elle a dû être remplacée sur l’affiche par celle d’Attal mais elle suscite le rejet.
Le label Macron semble désormais plus plomber que propulser.
Mais ce n’est pas, bien sûr, dans la dernière ligne droite avant l’arrivée que l’intéressé va changer de stratégie ou s’arrêter. Il est lancé et a prévu d’en rajouter en accentuant son omniprésence et celle de son Premier ministre pour essayer in extremis de renverser la tendance et de limité les dégâts et la plus que probable défaite de Hayer face au RN de Bardella.
Interventions non-stop, parfois très moyennement perçues, comme l’incursion impromptue d’Attal à Radio France dans une émission avec Hayer. Et saturation de l’espace médiatique pour l’anniversaire des 80 ans du Débarquement, pour la visite de Biden et, d’abord, entretien ce jeudi sur les deux premières chaînes de télévision, ce qui fait évidemment hurler les oppositions.
Tout est bon pour occuper le terrain et continuer à « tout faire » pour donner tort aux sondages, qui persistent à annoncer pour la Macronie une sévère dégelée.
Mais, là encore, cette volonté d’intervenir à tout bout de champ risque de se révéler contre-productive. Plus Macron s’investit dans cette élection européenne, plus il contribue à la ramenera une élection nationale, c’est-à-dire à un référendum pour ou contre sa personne. Exactement ce à quoi, depuis le début de la campagne, le RN de Bardella s’ingénie à la réduire.
Et, même avec des sujets internationaux comme Biden, les vétérans du D-Day, l’Ukraine ou Gaza, il est compliqué pour lui de s’extirper de cette nationalisation du débat, tant l’actualité franco-française, comme les comptes publics dégradés, pour ne citer qu’eux, vient encore l’obérer.
Sauf coup de théâtre, ce forcing des derniers kilomètres risque donc fort, même s’il est sportivement méritoire, de ne pas changer grand-chose aux pronostics d’une rude défaite annoncée.
Si annoncée que son camp l’a déjà intégrée. Alors que Macron entend jusqu’à la dernière minute utiliser les jours d’avant, la Macronie, quant à elle, est déjà dans les jours d’après. Pas seulement pour trouver des justifications à l’échec électoral pour les plateaux de télé, mais pour songer à la suite.
Macron, lui, entend « enchaîner ». Avec les Jeux olympiques, dans la réussite desquels il compte bien évidemment diluer la défaite. Mais aussi, ce qui suscite pour l’après les spéculations de son camp, en continuant « à tout faire », mais sans avoir encore dit quoi, comment, ni avec qui.
Éditorial Erik Emptaz. Le Canard enchaîné. 05/06/2024
Macron coule Hayer d’autant plus qu’il veut se montrer et faire ses discours creux, et le service public de radio France et France TV l’aide à couler Hayer en le mettant en scène. De plus inviter Zelensky, qui a inauguré un monument à la gloire du nazi allié d’Hitler Bandera ne peut que montrer la bétise d’un président ignorant de l’histoire.
Vite, une boite de klennex…