Attendre debout est pénible, à se dandiner d’un pied sur l’autre, en appuyant son pied derrière le genou de la jambe opposée ou sur le mur auquel on s’adosse. Exactement comme la grue qui se tient sur une patte.
L’origine de l’expression semble donc évidente.
Eh bien pas du tout, si on se réfère à la forme première de l’expression qui était « faire de la grue », dérivé du vieux verbe « gruer », c’était attendre.
Ce verbe étant sorti d’usage, le langage populaire inventera au XVIIe siècle une locution imaginée plus compréhensible.
Rappelons que c’était l’époque où les hommes portaient des bas et des talons rouges et hauts.
Par métaphore le mot « grue » a pris très tôt, dès le XIXe siècle, le sens de poule, de prostituée, par allusion à la station prolongée des filles de joie qui attendent les clients au coin des rues.
Bernard C. Galey. Recueil « Du coq à l’âne ». Ed. Taillandier