… le cent fautes de la liste européenne de Bardella
Pierre Pimpie, le directeur général adjoint de l’établissement public de sécurité ferroviaire, ou Pascale Piera, ex-élue Renaissance de Senlis, peuvent-ils faire oublier un Mahorais raciste, complotiste et misogyne ?
Avec sa liste aux européennes, […] le RN n’est pas à la fête.
Saidali Boina Hamissi, son avant-dernière recrue — responsable des lepénistes de Mayotte —, a ainsi été épinglé pour avoir qualifié les migrants comoriens de « vermines » ou de « cafards », et vanté la « soumission de la femme ».
Aurait-il dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas au sein du parti de Bardella ? « Nous ignorions ses déclarations, une enquête a été diligentée », s’est défendu le député RN de la Somme Jean-Philippe Tanguy, annonçant que l’aspirant eurodéputé ne figurerait finalement pas sur la liste. Quelle perte !
Si cette petite affaire embarrasse la formation de Jordan Bardella, c’est aussi parce qu’elle est la dernière d’une série longue comme le bras.
Depuis le début de la campagne européenne, quasiment tous les candidats RN étiquetés « société civile » ont fait parler d’eux, et moins pour leurs supposées compétences que pour leurs casseroles.
Prenez Matthieu Valet, médiatique flic syndicaliste très présent sur les plateaux de télé de Bolloré, numéro sept sur la liste : comme le Palmipède l’a révélé (22/11/23), il a écopé d’un blâme de sa hiérarchie pour avoir détourné à son profit des bons d’achat de la SNCF réservés à des collègues.
Parmi ses autres hauts faits, le policier modèle peut aussi se targuer d’avoir eu un accident avec une voiture de la police qu’il conduisait pendant ses heures de repos. Le gyrophare n’a rien, au moins ?
Malika Sorel, catapultée numéro deux de la liste Bardella, présentée par le RN comme un transfuge de la droite républicaine, s’est pour sa part, fait remarquer en proposant, quelques semaines avant son arrivée chez les fachos, ses services à Macron, l’inondant de textos pour pousser sa candidature au poste de ministre de l’Education (« Le Canard enchaîné », 27/3).
Et que dire du numéro trois de la liste, Fabrice Leggeri, l’ex-patron de Frontex qui, avant de s’afficher aux côtés de Marine Le Pen, s’était fait connaître pour ses méthodes musclées à la tête de l’agence de surveillance des frontières de l’UE, accusée, sous sa gouvernance, d’avoir couvert des opérations illégales de refoulement de migrants en mer ?
Cela a valu audit Leggeri une plainte de la Ligue des droits de l’homme, notamment pour « complicité de crime contre l’humanité » (« Le Monde », 23/4). Que du beau monde, donc.
Un classique du parti lepéniste : à chaque élection, il lance ses filets dans la société civile. Et, chaque fois, il remonte une jolie cargaison de bras cassés.
Le RN a décidément du mal à élargir sa base. Faut-il s’en plaindre ?
Jérôme Canard. Le Canard enchaîné. 30/04/2024
Faut pas se faire d’illusions sur la liste de Bardella il n’y a que des gens qui partagent le point de vue du RN, et plutôt plus que moins.
A notre santé !!