La tirade est longue, mais signifiante
« il ne faut pas laisser ce pays sombrer. Je ne sais pas si la haine est une nouvelle valeur républicaine, mais je crois une chose : le vrai problème en France et sociale. Et pourtant, ils ne savent pas où ils ont mal, les gens, ils souffrent, mais ils ne savent pas d’où. C’est social, personne ne le voit… bizarre il n’y a personne qui peut aujourd’hui incarner le médecin-chef, ni impact que des docteurs Knok, qui veulent que la maladie demeure Quand je pense à la France, je me dis que c’est un mauvais moment à passer. Ceux qui nous empêchent d’avancer sont ceux qui veulent conserver leur monde dépassé, ils sont en train de vieillir, ils sont à l’agonie… La haine qu’on entend, ce sont les derniers râles de ceux qui appartiennent à une autre époque. Alors, je dis que c’est un mauvais moment à passer. Je suis un optimiste. »
Ainsi parle Omar Sy, l’une des personnalités préférées des Français, au début d’un livre de dialogue inédit avec notre consœur Elsa Vigoureux, grand reporter au « Nouvel Obs ». La campagne pour la présidentielle de 2022 battait alors son plein et Omar Sy commentait l’inquiétante ascension d’Eric Zemmour dans les sondages.
Deux ans ont passé, l’extrême droite est toujours plus haute dans notre pays et les propos de l’acteur n’ont pas pris une ride, même si, comme il nous l’affirme dans un entretien exclusif, « [son] optimisme est mis à rude épreuve » aujourd’hui.
Celui qui fait la couverture de plusieurs magazines est d’ailleurs la cible régulière des réactionnaires, agacés du succès de cette star œcuménique qui ne cache rien de ses convictions progressistes et antiracistes.
Omar Sy le sait et soupèse chacune de ses prises de parole : il choisit pourtant ici de se raconter à cœur ouvert. Et de livrer, en creux, sa vision de la France et celle qu’il appelle de ses vœux.
Omar Sy le dit sans fard : treize ans après le succès considérable du film « Intouchables », il sait qu’il représente, presque malgré lui, un symbole puissant, par ses origines, sa personnalité, sa trajectoire. « Fils d’immigrés d’Afrique de l’Ouest, grandi en banlieue, noir et musulman. Si on combine tout ça, ça fait ce cocktail que vous appelez symbole et cela devient politique », convient-il dans nos colonnes.
L’acteur refuse pourtant d’être enfermé dans cette seule image. S’il exprime pleinement la fierté de ses origines — il dévoile pour la première fois l’histoire de sa famille, venue du Sénégal et de la Mauritanie, arrivée en France au milieu des années 1970 -, c’est pour mieux contester, dans le même temps, toute assignation identitaire, toute réduction de sa personne à sa seule condition de descendant d’immigré.
Il revendique au contraire sa liberté de citoyen du monde autant que de Français, et prône un message d’universalité et de respect de chacun, au-delà des frontières physiques et mentales. Bien loin des prêcheurs de haine obsédés par les questions identitaires.
Dans une France travaillée par les stigmates de son passé colonial, et où la question de l’immigration est martelée ad nauseam par l’extrême droite comme le problème principal du pays, Omar Sy rappelle une évidence, trop souvent occultée : chaque individu est riche de son passé et de son expérience, mais nul ne peut être résumé à son identité pour y être enfermé.
Les immigrés, comme leurs descendants, qu’ils soient français ou étrangers, ne sont pas un groupe à part, qu’il nous faudrait séparer du corps social commun, au risque de revenir, et plus rapidement que l’on ne croit, aux pages sombres de notre histoire.
Au contraire, il nous faut reconnaître l’apport nécessaire de l’immigration et exiger que la République offre à chacun les moyens de sa réussite et de son émancipation, sans œillères ni discrimination.
Comme le dit à juste titre Omar Sy, c’est bien aux conditions sociales de la France et à la lutte contre les inégalités qu’il nous faut travailler. En nous opposant, obstinément, à tous les discours qui nous essentialisent et veulent nous séparer.
Cecile Prieur. Le Nouvel Obs. N° 3108. 25/04/2024
Omar S’y a choisi le business hollywoodien, l’article ne parle pas de ses autres interventions. Avec Omar S’y il y a à boire et à manger. Perso je ne regarde plus ses films. Les sondages font dire ce qu’ils veulent aux français. Les personnalités préférées des français ? Un truc bidon pour nous faire croire au père Noël.
C’est le plus important « Comme le dit à juste titre Omar Sy, c’est bien aux conditions sociales de la France et à la lutte contre les inégalités qu’il nous faut travailler. En nous opposant, obstinément, à tous les discours qui nous essentialisent et veulent nous séparer. « Ceci ne peut se faire sans un dessein politique qui invite chacune et chacun à faire vivre la devise républicaine et la laïcité. Les services publics sont là pour gommer les inégalités sociales. Faut-il encore qu’ils soient rénovés, entretenus et accessibles à toutes et à tous, et en tous lieux. Le transfert, à marche forcée, de nos services publics à la sphère privée économique ne va dans ce sens de l’égalité des citoyens. L’américanisation des emplois engendre précarité, l’insécurité sociale, l’insécurité publique Un chômage de masse fragilise notre société. Ce type de situation nécessite des boucs émissaires dont les grandes figures sont l’étranger, le fonctionnaire, l’écolo et parfois même l’Union européenne. Dans notre propre histoire, il y a bien eu de sombres pages tragiques. Mais des femmes et hommes ont su se lever et porter haut les idéaux universels. Il n’y a pas de fatalité pour le malheur, le désespoir ! Pour certaines personnes, il y a de quoi désespérer tout un chacun, mais à y regarder de près, il y a de nombreuses racines qui fournissent, en sous-sol, bien des espoirs !
Je me souviens de ces 2 beaux et courageux athlètes américains, qui venaient de rapporter 2 médailles à leur pays, aux JO, et
– qui ont « osé » selon certains commentateurs,
– eu le courage pour d’autres, levé un poing pendant l’hymne national US..
– leur message a été reçu et différement interprété..
– Quelle aurait été l’attitude de ceux qui hurlaient, et criaient au scandale, dans la même situation, avec les mêmes raisons..?
– Qu’aurais-je fait à leur place ? Pour ma part, j’avais applaudi devant la télé.. et nous en avions discuté, débattu, il fallait oser, ils l’ont fait ! Ils l’ont sans doute payé.. mais La leçon a été donnée, cela me rappelle l’histoire de Madame Angèla DAVIS..
– Je crois savoir que la majorité des médailles de ce pays, notamment en athlé, (Carl LEWIS) en basket (Magic Johnson) est glanée par les frères, les soeurs , les descendants de ces 2 hommes …