J’avais passé 15 ans, les premiers de ma vie,
Sans avoir jamais sçeu quel estoit cet effort
Ou le branle du cu fait que l’âme s’endort,
Quand l’homme a dans un con son ardeur assouvie.
Ce n’estoit pas pour autant qu’une éternelle envie
Ne me fit désirer une si douce mort,
Mais le vit que j’avois n’estoit pas assez fort
Pour rendre comme il faut une dame asservie
Je travaille depuis, et de jour, et de nuit,
À regagner ma perte, et le temps qui s’enfuit,
Mais déjà l’Occident menace mais journée
Ô Dieu ! Je vous appelle, aydez à ma vertu :
Pour un acte si doux, allongez mes années,
Où me rendez le temps que je n’ai pas foutu !

François de Malherbe. « Anthologie de la poésie érotique ». Éd. Seghers