Above all, no international war

La folie guerrière va-t-elle l’emporter sur les forces de paix.

La question se pose de plus en plus après les conclusions de la conférence de Munich tenue le 16 février et le sommet des chefs d’État et de gouvernement européen qui s’est tenu lundi soir à l’initiative de M. Macron.

Une fois de plus, celui-ci était bien loin, très loin des belles paroles prononcées à l’occasion de la panthéonisation de Missak Manouchian et de ses camarades. Il y a évoqué pour la première fois l’envoi de troupes au sol en Ukraine.

Autrement dit il propose que nous entrions en guerre contre la Russie. Une cohorte de militaires en retraite et de journalistes guerriers lui ont emboité le pas. La duplicité et l’hypocrisie de M. Macron n’ont aucune limite. Son obsession à bazarder l’histoire et l’héritage de la diplomatie française est patente. […]

Telle était l’ambiance lors de la récente conférence de Munich, qui s’est tenue du 16 au 18 février 2024, au cours de laquelle a été mis en discussion un programme politique visant à appeler les citoyens des pays européens à se préparer à la guerre. Elle s’est conclue par la pressante demande de l’accélération de la production d’armement en Europe.

Cette orientation stratégique a été justifiée par les déclarations de Donald Trump à la veille de cette réunion.

Lui, redevenant président des États-Unis, il n’aiderait plus les pays membres de l’OTAN à se défendre si ceux-ci ne consacraient pas 2 % de leurs richesses annuelles aux dépenses militaires. Il déclara même vouloir encourager « la Russie à faire ce que bon lui semble ». On aurait tort d’y voir une simple provocation. Attiser la peur et la militarisation est un programme commun aux directions des deux principaux partis aux États–Unis. L’impérium étale ses difficultés à débloquer 60 milliards de dollars supplémentaires pour l’armement ukrainien.

Cette sortie de M. Trump, partagée en large partie par la Maison-Blanche, est interprétée dans les capitales européennes comme l’urgente nécessité de s’armer et de se préparer au combat. En fait, les Américains demandent à l’Union européenne de renforcer – comme le prévoient les traités européens – le pilier européen de l’Alliance atlantique.

Afin de contenir leur crise et leurs colossaux déficits, ils demandent aussi aux Européens de fortifier ce « pilier » en leur achetant avions, chars, drones et missiles ultra-sophistiqués alors que les importations de ces armes par les États européens ont déjà augmenté de 47 % depuis l’année 2019.

Forts de ces recommandations, les dirigeants européens, chancelier allemand en tête, ont donc décidé d’accélérer leurs programmes de réarmement, d’appeler à une militarisation de l’économie, d’introduire la conscription et surtout d’ouvrir la possibilité de se doter d’une arme nucléaire européenne. Ils se sont bruyamment réjouis de l’offre du président Macron « d’européaniser » les armes nucléaires françaises.

Le ministre allemand des Finances et dirigeant du parti libéral, Christian Linder, appelle dans le journal Frankfurter Zeitung au développement d’armes nucléaires communes.

Il y a ici un inquiétant point de bascule faisant de l’Allemagne une puissance nucléaire pour la première fois de son histoire. La tête de liste des sociaux-démocrates allemands aux élections européennes Katarina Barley, comme son concurrent de la droite Manfred Weber, ont soutenu cette idée de développement d’armes nucléaires européennes indépendantes. […]

Les traités de défense que signent plusieurs pays dont la France (sans aucune consultation du parlement) et l’Allemagne avec l’Ukraine ont pour objectif de préparer les conditions de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Tout le monde sait pourtant qu’il s’agit d’un casus belli pour les Russes.

Se réjouir de la déclaration de Trump pour mieux prôner le surarmement comme le font de grands journaux en Europe signifie qu’une vaste opération visant à préparer les citoyens européens à de nouveaux sacrifices en vue de la militarisation à outrance est lancée. […]

Très grave est la déclaration, du Président Macron qui, lundi soir à la fin d’une conférence de soutien à l’Ukraine réunissant une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement a ouvertement envisagé la possibilité d’envoyer des troupes des pays de l’Union européenne au sol sur le territoire Ukrainien. Ceci ne peut être interprété que comme une déclaration de guerre contre la Russie.

Cette hystérie guerrière fait frémir.

La déclaration de Trump et les imbéciles déclarations de Biden en réponse à Poutine cachent à la fois des objectifs plus profonds et une crise interne aux États-Unis trop sous-estimée. Les dirigeants nord-américains, qu’ils soient démocrates ou républicains nationalistes, dictent la stratégie du camp occidental. Ils demandent à l’Union européenne de rentrer en conflit avec la Russie, afin d’entretenir leur rivalité systémique avec la Chine.

Mais les Américains et avec eux le camp de la finance occidentale voient leurs positions notablement fragilisées aux yeux du monde. […]

[…]


La lettre de Patrick Le Hyaric. 1ᵉʳ mars 2024 – Source (Extraits)


Une réflexion sur “Above all, no international war

Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.