… et les caravanes qui passent non loin, veulent être écoutées.
Pour la première fois dans l’histoire de La France insoumise, des militants de toute la France se sont réunis pour discuter de sa démocratisation. Si l’initiative n’est pas prise au sérieux par la direction, elle coïncide avec des critiques émises simultanément par des figures du mouvement.
« On part en campagne pour démocratiser La France insoumise. » Benjamin Chapelot a les yeux qui brillent quand il énonce cette phrase, ce 10 février, dans la salle Valenet de Gagny (Seine-Saint-Denis). Ce militant insoumis de l’Indre-et-Loire compte parmi les organisateurs d’une « assemblée citoyenne militante » qui a réuni une soixantaine de militant-e-s venu-e-s de toute la France. Et il sait que le combat sera âpre.
Certain-e-s comme lui militent encore à LFI, d’autres se sont démobilisé-e-s, ont été exclu-e-s ou ont claqué la porte pour de diverses raisons, toujours en lien avec un manque cruel de démocratie interne.
Toutes et tous ont signé un appel « pour la VIe République à La France insoumise » paru en mai 2023, qui recueille désormais plus de 500 signatures. C’est peu comparé aux quelque 57 000 votant-e-s sur la feuille de route du mouvement pour 2024, approuvée à 92,80 % lors de la dernière assemblée représentative, en janvier dernier.
Raison pour laquelle Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, considère que « ce rendez-vous est un non-événement ».
- « Une grande partie d’entre eux ne sont plus membres de LFI,
- ils ne sont plus dans notre fichier.
- LFI a des instances, l’Assemblée représentative s’est réunie, a tranché, ils sont minoritaires ».
Cette réaction peu amène n’étonne pas les intéressé-e-s, qui avaient dans un premier temps cherché une médiation en interne sans jamais obtenir de réponse.
[…] Ces derniers mois encore, certain·es ont préféré quitter le mouvement en désespoir de cause, comme le conseiller régional LFI des Hauts-de-France Julien Poix, jugeant « qu’on ne pouvait pas changer les choses de l’intérieur ».
Les contestataires ont aussi lu les récentes déclarations de Jean-Luc Mélenchon dans Le Figaro à propos des « frondeurs » – Raquel Garrido, Alexis Corbière, Clémentine Autain… – qui dénoncent la verticalité du pouvoir à LFI :
- « Tu es d’accord avec la stratégie du mouvement ? Oui ou non ?
- Si tu n’es d’accord avec rien et que tu me vois comme un tyran, qu’est-ce que tu fais encore là ?
- Moi, je suis parti du PS quand j’étais en désaccord. »
La base se rebiffe
Le fatalisme, la crainte des représailles ou de perdre les quelques acquis pour les militant-e-s au niveau local (boucles départementales, achats de locaux) expliqueraient la modestie de l’événement de Gagny – certain-e-s signataires ont demandé le retrait de leur nom quand la liste est devenue publique. Mais les militant-e-s les plus déterminé-e-s ne désespèrent pas d’être entendu-e-s malgré tout.
Le collectif a jusque-là pris soin de se tenir à distance des député-e-s aligné-e-s sur sa demande de refondation interne pour éviter d’être associé à un camp. Raquel Garrido, qui écope d’une sanction pour avoir notamment affirmé que Jean-Luc Mélenchon n’avait fait « que nuire » au mouvement ces derniers mois, a été la seule à leur adresser un message de soutien sur X (ex-Twitter) : « L’éthique et la cohérence de notre engagement, c’est d’avoir une exigence démocratique forte pour notre pays et donc pour nous-mêmes. »
« Ce n’est pas pour chipoter qu’on fait ça. Vouloir améliorer le mouvement, c’est se projeter pour faire mieux à la présidentielle, c’est se donner la possibilité de gagner au second tour », explique Sandrine Coquerie, candidate aux législatives de 2022 dans la 10ᵉ circonscription du Pas-de-Calais, qui s’est démobilisée de LFI après l’affaire Quatennens […].
[…]
Dépasser le « mouvement gazeux », sans tout abandonner
Un peu plus tard, Aurélie Dewandel, qui coanimait un Groupe d’action de LFI à Sénart (Seine-et-Marne) jusqu’à janvier, raconte comment ses camarades et elle, ont préféré quitter LFI avant d’en être exclus, rebutés par les pratiques de militant·es du Parti ouvrier indépendant (POI), pour lesquel·les « toute expression d’un désaccord ne peut que faire le jeu des ennemis du parti », interdisant ainsi tout pluralisme. « On est très inquiets du rapprochement entre le POI et Jean-Luc Mélenchon. Il est même question que le POI se fonde à l’intérieur de LFI », rapporte la militante.
[…]
Mathieu Dejean. Mediapart. Source (courts extraits)
quel gâchis..
En commentant : « quel gâchis » Danielle, il me semble que tu penses à la perte d’une possibilité d’union des gauches sur des objectifs garantissant une forme de solidarité nationale au travers de services publics efficaces.
Tout au moins c’est ce que je traduis.
Pour ma part dès sa sortie du PS et son émergence dans l’imagerie politique — les médias d’ailleurs (appartenant essentielle à la droite), ont tout fait pour booster le personnage – je n’ai jamais pu faire confiance à ce Jean-Luc et son entourage qui tout au long de son parcours, n’a cessé d’avoir pour objectif d’amoindrir les entités « de gauche » au profit de sa stature.
D’autre part, c’est dans mon tempérament, il m’est impossible d’idolâtrer une personne.
Par contre, là où je te rejoindrai Danielle c’est que la gauche éparpillée n’a jamais été en capacité – excepté en 1980 – de présenter un projet de programme commun. Lequel, qui au début fut en partie réalisé, mais ne résista que deux années après l’accession au pouvoir de Mitterrand… avant de plier face à l’emprise internationale financière, n’acceptant pas tant de bouleversement sociaux dans leurs confortables « économie libérale ». Est disparu la volonté d’une nouvelle constitution donnant des clés de gestion au peuple. MC
Merci Michel,
Si j’avais quelques espoirs, ceux-ci ont rapidement été douchés… m’ont ramenée à la réalité… la suite a conforté mon appréciation. J’ai vu ce qui avait hélas été semé… ailleurs et qui génère des espoirs… j’espère que le pire n’est pas à venir !