L.M.F. (1)

Je te salue, ô vermeillette fente,
Qui vivement entre ces flancs reluis ;
Je te salue, ô bienheureux pertuis (2),
Qui rends ma vie heureusement contente.

C’est toi qui fais que plus ne me tourmente
L’archer volant qui causait mes ennuis
T’ayant tenu seulement quatre nuits ;
Je sens sa force en moi déjà plus lente.

Ô petit trou, trou mignard, trou velu,
D’un poil follet mollement crêpelu,
Qui a ton gré domptes les plus rebelles,

Tous verts galants devraient pour t’honore
À beaux genoux te venir adorer,
Tenant au poing leurs flambantes chandelle


Ronsard — Recueil : « Sonnets d’amour et autres poèmes. » Éd. Flammarion


  • Sous ses initiales L. M. F. (titre original), se cache : « La Motte des Femmes ».
  • Pertuis – passage, trou

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