Je reviens à toi avec des vertiges de source
engourdie dans la pierre.
Debout contre la mort enlacée dans les herbes
nous pénétrons dans un empire sans contours
ouvert à notre démesure.
Le silence retient son souffle
au milieu du vent immobile
et des émeutes de miroirs.
Les murailles patiemment conquises à nos rites
veille sur nos mouvements.
Nous sommes astres monotones
insectes étonnés dans des mondes de plumes.
La chambre béante assaillie
par la marée des herbes folles.
Nos larmes de pierre éclatée
pour un seul coq de neige
qui marche dans le sang.
La ville aux dents serrées déferle
dans le soir d’iode et de sirènes.
Alors notre visage double
se tissent plus étroitement.
De nos souffles enchevêtrés
jaillit un brasier fabuleux
dévorant la plaie des ténèbres.
Francesca Yvonne Caroutch. Recueil « Les veilleurs endormis ». Éd. Stock