Dépeçage de l’Argentine…

… mode Milei et sa tronçonneuse

« La liberté, bordel ! » a-t-il promis à ses concitoyens.

De la parole outrancière, Javier Milei est passé aux actes. Vite, et en tapant fort. Sacré président le 10 décembre 2023, le libertarien, qui a pour seule ligne d’horizon le capitalisme débridé, a empoigné la tronçonneuse de sa campagne pour tailler à vif l’Argentine.

Elle a déjà un goût de cendres, alors que son funeste « décret de nécessité d’urgence » doit être entré en vigueur ce vendredi : dévaluation du peso, licenciement de fonctionnaires, élimination de ministères, santé bradée aux assurances privées, suppression de l’encadrement des loyers, privatisations des fleurons nationaux, levée du contrôle des prix des denrées alimentaires, etc.

Une cure néolibérale qui n’est pas sans rappeler celle qu’avait mise en œuvre le dictateur Pinochet au Chili.

Le FMI rêvait de cette thérapie de choc, le « Fou » la fait.

Pour mener à bien son dépeçage, celui qui dit parler à son chien mort s’en prend aux fondements politiques et démocratiques de son pays. Dans un projet de loi de près que 700 articles, Javier Milei s’octroie les pouvoirs hier encore dévolus au Congrès afin d’avoir les coudées franches. Il le sait, il n’y aura pas de révolution libérale radicale, sans la mise au pas de la société et le contrôle des rues.

Les promoteurs de manifestations pourront écoper de peines allant jusqu’à six ans de prison ; tout rassemblement de plus de trois personnes devra recevoir l’agrément du ministère de la Sécurité. Dans ce scénario orwellien, les policiers jouiront de nouveaux droits pour ouvrir le feu sans sommation. Ils auront un permis de tuer.

Heures sombres, très sombres dans cette Argentine toujours souffrante des plans d’ajustements structurels qu’elle a déjà endurés dans les années 1990 et qui ont conduit à sa banqueroute. Le spectre de cette faillite, la brutalité des mesures, les attaques à la Constitution d’un Javier Milei qui, privé de majorité parlementaire, s’auto-octroie les prérogatives législatives jusqu’à la fin de son mandat ont poussé des milliers de personnes à descendre dans les rues ces derniers jours.

« Nous ne sommes pas la caste, nous sommes les travailleurs », ont-elles rappelé au chef de l’État. Les manifestants promettent d’occuper l’espace public jusqu’au retrait des réformes austéritaires du locataire de la Maison rose. Au nom d’une certaine idée de la liberté.


Cathy Dos Santos. Source


3 réflexions sur “Dépeçage de l’Argentine…

  1. raannemari 30/12/2023 / 18h21

    Ils l’ont élu, maintenant qu’ils assument …

    • Libres jugements 31/12/2023 / 11h45

      Ce qui arrive aux Argentins amène des questions.
      Le nouveau président argentin confirme la tendance à la destruction de la démocratie à la montée des dictateurs.
      L’électorat argentin confirme La grande tendance mondiale du désintérêt d’une partie de la population pour les élections et les politiques amenant l’abstention comme facteur de réussite d’une minorité.
      Il n’y a pas lieu de se réjouir de ce qui se passe en Argentine comme dans d’autres pays – même en Europe – Pour ce qui s’intéresse un peu l’histoire, il est important de se replonger dans la période 1920 – 1938/39, en Europe et particulièrement en France.
      Les différentes configurations économiques mondiales, les différents conflits mondiaux, les différents conflits locaux, la prégnance de la haute finance sur les états devienne chaque jour plus inquiétant. Ajoutons là-dessus toutes les nouvelles technologies – les diverses spécifications de l’IA en premier – Doivent nous interpeller sur l’avenir de l’humanité.
      Bien évidemment cela ne se fera pas en cette dernière journée 2023 mais doit faire parti des vœux pour les années à venir.
      Avec toute mon amitié, Anne-Marie, passe Cette journée dans la vie à condition et commença prochaine avec plein de souhaits.

  2. bernarddominik 30/12/2023 / 21h38

    Il l’avait annoncé il le fait. C’est triste pour les argentins mais ils ont voté pour lui.

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