… oui enfin…
Mais non, voyons, il ne s’agit pas d’une opération politique ! De calmer tous ceux qui votent Le Pen et râlent contre ces 2 millions de feignants âgés de plus de 25 ans qui touchent royalement 607,75 euros mensuels de RSA pour une personne seule et se la coulent douce alors qu’eux se lèvent (forcément) tôt. De leur montrer qu’on va lesmettre au pas et au boulot.
Promis : « Il ne s’agit pas de les faire travailler sans les payer, il s’agit de leur faire découvrir des métiers, de leur permettre de se former » (Elisabeth Borne). A partir de l’année prochaine, ils auront droit à 17 heures à 20 heures par semaine d’initiation, de découverte, de formation : épatant, non ?
Sauf que ce sera obligatoire. Les récalcitrants verront leur RSA suspendu, et, s’ils persistent dans le mauvais esprit, ils seront radiés. Macron a annoncé la couleur : il veut « aller chercher ces bénéficiaires et les responsabiliser ». Formule qui a énervé Stéphane Troussel, président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de France, avec 85 000 bénéficiaires du RSA.
La Seine-Saint-Denis, qui devait faire partie des 19 départements dans lesquels cet « accompagnement rénové » commence à être expérimenté, s’en est retiré fin mars. Pour Troussel, la menace de sanctions est inacceptable, car « le RSA est un droit fondamental ».
Martin Hirsch, l’homme qui a inventé le RSA en 2008, reformulation du RMI, créé, lui, en 1988, est sur la même ligne : « Transformer un allocataire en une main-d’oeuvre sans droit est une régression sociale. » (Franceinfo, 25/4). Attaque qui a énervé Borne : « Il fait semblant de ne pas comprendre. » Car, en fait, ce sera très cool.
Ceux qui ont des ennuis de santé (un quart d’entre eux) ? Eh bien, euh, on verra à l’usage, il y aura des « situations spécifiques ». Les femmes seules avec enfant (un tiers) ? Le ministre du Travail Dussopt l’a promis : à une « mère célibataire avec trois enfants », on proposera ces « 17 heures à 20 heures » et « la solution de garde qui va avec » – ça va en créer, des emplois dans les crèches ! Ceux qu’il va falloir guider dans leurs démarches car ils sont perdus, sans qualification ni expérience professionnelle ?
Un « conseiller référent » les guidera. Lequel aura pour mission de suivre « 30, 40 ou 50 personnes », d’après Thibaut Guilluy, haut-commissaire à l’Emploi (« Le Parisien », 27/3). Là encore, ça va en faire, des emplois de conseiller !
Ce RSA sera tellement riche de possibilités que les 600 000 personnes qui aujourd’hui y ont droit mais ne le touchent pas (parce qu’elles ne connaissent pas leurs droits, sont rebutées par les démarches, etc.) se précipiteront.
Engagez-vous !
J.-L. P. Le Canard enchaîné. 03/05/2023
Le RMI le RSA répondaient au besoin vital minimum, que 6 millions ne le demandent pas ne signifie rien, parce que ces personnes visiblement vivent donc avec un minimum de revenu suffisant, et probablement ne tienne pas à ce que les services sociaux y regardent de près. Alors qu’on arrête de nous dire qu’il y a 6 millions d’idiots. Quant à travailler pour justifier le rsa, n’oublions pas que son but est d’aider à la reinsertion. On nous cite une femme avec 3 enfants sans nous dire leur âge, ni pourquoi cette femme ne travaille pas. Il faut arrêter de délirer notre pays n’a pas les moyens de financer l’oisiveté