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… à l’origine c’est un poème  …

… écrit suite à la répression de la Commune de Paris … beaucoup de personnes entendant les premières mesures ferment les écoutilles, persuadés que c’est avant tout prendre une position syndicale ou politique. Il est vrai que c’est d’abord dans des mouvements ou manifestations revendicatives que l’on entend ce chant dit révolutionnaire.

Pourtant c’est avant tout un poème dénonçant la répression sanglante envers la première démocratie réelle française, par les versaillais représentant les entreprises et la grande bourgeoisie.

Ayez l’esprit ouvert, lisez sans a priori ce poème honorant la commune de Paris, peut-etre alors rétablirez-vous un peu de l’histoire de la France profonde, celle des travailleurs, celle que les constitutions et gouvernements successifs entendent faire oublier et que pourtant tous françaises-français devrions connaitre.


I 
 Debout ! les damnés de la terre, 
 Debout ! les forçats de la faim. 
 La raison tonne en son cratère 
 C'est l'éruption de la fin. 
 Du passé, faisons table rase, 
 Foule esclave, debout ! debout ! 
 Le monde va changer de base 
 Nous ne sommes rien, soyons tout ! 
 II 
 Il n'est pas de sauveurs suprêmes 
 Ni Dieu, ni César, ni tribun ; 
 Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes ! 
 Décrétons le salut commun ! 
 Pour que le voleur rende gorge, 
 Pour tirer l'esprit du cachot, 
 Soufflons nous-mêmes notre forge, 
 Battons le fer quand il est chaud ! 
 III
 Hideux dans leur apothéose, 
 Les Rois de la mine et du rail 
 Ont-ils jamais fait autre chose 
 Que dévaliser le travail ? 
 Dans les coffres-forts de la bande, 
 Ce qu'il a créé s'est fondu ; 
 En décrétant qu'on le lui rende, 
 Le peuple ne veut que son dû. 
 IV
 L'Etat comprime et la loi triche, 
 L'impôt saigne le malheureux ; 
 Nul devoir ne s'impose au riche, 
 Le droit du pauvre est un mot creux 
 C'est assez languir en tutelle, 
 L'Egalité veut d'autres lois : 
 « Pas de droits sans devoir, dit-elle 
 Egaux, pas de devoirs sans droits »
 V
 Les Rois nous saoulaient de fumées, 
 Paix entre nous, guerre aux tyrans !
 Appliquons la grève aux armées, 
 Crosse en l'air et rompons les rangs ! 
 S'ils s'obstinent, ces cannibales, 
 A faire de nous des héros, 
 Ils sauront bientôt que nos balles 
 Sont pour nos propres généraux. 
 VI
 Ouvriers, paysans, nous sommes 
 Le grand parti des travailleurs ; 
 La terre n'appartient qu'aux hommes, 
 L'oisif ira loger ailleurs. 
 Combien de nos chairs se repaissent ? 
 Mais si les corbeaux, les vautours 
 Un de ces matins disparaissent, 
 Le soleil brillera toujours ! 
 
 
 Refrain 
 C'est la lutte finale 
 Groupons nous et demain, 
 L'Internationale
 sera le genre humain. 
  
 Un journal anarchiste 
 publie en avril 1892 une version
 avec ce nouveau couplet et refrain.
 
 L'État comprime et la loi triche;
 L'Impôt saigne le malheureux;
 Nul devoir ne s'impose au riche;
 Le droit du pauvre est un mot creux.
 C'est assez languir en tutelle,
 L'Égalité n'a pas de lois;
 "Je n'en reconnais plus," dit-elle,
 "Égaux, nous n'avons que des droits!" 
  
 Refrain
 Fiers compagnons, c'est la lutte finale;
 En liberté, groupons-nous et demain,
 N'ayons qu'un but: l'Internationale
 Pour affranchir, enfin, le genre humain.  

Paroles de Eugène Pottier (1871) – Musique de Pierre Degeyter – Sans doute la chanson française la plus connue au monde, du moins la plus jouée mais sait-on qu’elle est d’origine belge pour la musique ? Et les Russes qui en ont fait leur hymne national de 1918 à 1943, savaient-ils qu’elle était française ?