Le temps des écologistes !

Avec 13,5 % des voix aux européennes, Europe Écologie-Les Verts est en troisième position.

Yannick Jadot

Dessin de Kiro – Le Canard Enchainé – 12/06/2019

 […] Le parti écolo, donné pour mort depuis 2017, s’impose désormais comme l’alternative au Rassemblement national et à Emmanuel Macron. […]… tout le monde souhaiterait le voir dialoguer avec d’autres représentants politiques : de Pascal Canfin (“la caution écolo de Macron”, raille-t-il) à Clémentine Autain de La France insoumise (LFI), en passant par son ami Jean-Louis Borloo […]. Alors, il bande les muscles : “Je ne suis pas junior ! Vous avez fait Glucksmann en une, très bien. Pourquoi devrais-je pour ma part défendre mes idées contre celles des autres ?”

Au moins, les choses sont claires […], l’heure n’est pas pour lui à la reconstruction d’une gauche en miettes. […]

“Il faut des écologistes pour porter l’écologie. Il faut qu’elle soit présente à chaque élection. (…) Il n’est plus question qu’on soit les supplétifs de quiconque” Yannick Jadot

Exit la gauche plurielle à la papa, donc. Pour Jadot il n’est pas question de rejouer le cartel des partis, ni le ralliement au programme commun. La campagne électorale des européennes a clarifié les choses : le clivage, désormais, est entre productivistes et écologistes […]. Le “moment populiste” prophétisé par la philosophe Chantal Mouffe (idéologue de LFI) a fait long feu : place au moment vert. En lieu et place d’une main tendue, Jadot adresse donc un vent force 4 à Génération.s et à LFI, déjà secoués par leurs piètres scores aux européennes (respectivement, 3,2 % et 6,3 %).

« Il y a trop de postures, pas assez d’action. Certains ont fait une partie du chemin. Mais l’écologie est pour moi incompatible avec la brutalisation permanente du débat public » Yannick Jadot

Tout en se défendant d’être “partisan de la pureté écolo”, il dégomme à tout-va. Il a déclaré dans Le Monde que Génération.s et La France insoumise “ne sont pas des partis écologistes”. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé sur Twitter sa “pensée vert-de-gris”. Mais Yannick Jadot persiste : “Pourquoi m’attaque-t-on ? Parce que j’ai dit que LFI et Génération.s ne sont pas des partis écologistes ? Eh bien oui, je le reconnais, je pense qu’ils ne se revendiquent pas comme des partis écologistes. Le problème, poursuit-il, c’est qu’il y a trop de postures, pas assez d’action. Certains ont fait une partie du chemin. Mais l’écologie est pour moi incompatible avec la brutalisation permanente du débat public de Mélenchon. Et elle ne peut pas masquer les contradictions des socialistes.” Glucksmann et sa “tentative de sauver la social-démocratie”, quant au PCF, il persiste à soutenir le nucléaire  […]

De quoi faire frémir les refondateurs déjà à l’œuvre d’une gauche en lambeaux. “Quand on est premier à gauche, on a une responsabilité. Il va falloir travailler ensemble, et c’est à lui d’engager ce travail commun que Jean-Luc Mélenchon, qui avait fait un score beaucoup plus important en 2017, s’est refusé à faire. Il ne faudrait pas que toutes les occasions soient manquées”, s’inquiète le communiste Ian Brossat.

“Macron n’était pas mon candidat »

Jadot persiste pourtant. Ne comptez pas sur lui pour être le détonateur du “big bang de la gauche” – initiative lancée au début du mois par les députées Clémentine Autain et Elsa Faucillon  […], pour “construire une espérance” autour des exigences sociales et écologiques […] L’intéressé confirme d’une pirouette : “Je dis que je suis écologiste, c’est ma réponse.” Ce refus à se déterminer politiquement passe pour un manque de stabilité idéologique aux yeux de certains de ses potentiels alliés : “Jadot va dans le sens où le vent va le porter. Son programme n’est pas clair.” […]

[…] En 2017, Jadot a voté Macron au deuxième tour, et le referait sans hésiter pour faire barrage au Rassemblement national. […]

[…] Lorsqu’on lui demande pourquoi les Verts ne font de bons scores que lors des européennes, il nous renvoie du tac-au-tac aux municipales de 2020, comme un défi. EE-LV ne cache plus ses ambitions, à commencer par celle de ravir Paris à une majorité à laquelle il appartient actuellement. […] Sera-t-il lui-même candidat dans la capitale (où EE-LV a obtenu 19,89 % des suffrages aux européennes) ?

David Cormand, le secrétaire national d’EE-LV, estime dans une interview au Huffington Post que c’est “un scénario qui fait très peur à l’Élysée et à l’Hôtel de Ville”.


Mathieu Dejean, Julien Rebucci. Les Inrocks. Titre original : « Yannick Jadot : « le temps des écologistes est venu. ». Source (extrait)


2 réflexions sur “Le temps des écologistes !

  1. jjbey 18/06/2019 / 23h42

    L’écologie ne peut se concevoir en dehors de l’économie, Jadot ne remet pas en cause ce système dont le seul but est le profit immédiat dévastateur pour l’homme et la nature. Alors on peut rêver mais quand on voit se transformer un Khon Bendit en un Macron compatible, les gens de gauche ont de quoi être inquiets.

    • Libres jugements 19/06/2019 / 10h59

      j’ai du mal à comprendre ton raisonnement, Jean-Jacques.
      selon ma forme de pensée, l’écologie n’est surtout pas un dogme politique, juste une façon de se comporter au regard de la mère nature.
      Là où je te rejoins, c’est en ce qui concerne Cohn-Bendit, cette anguille caméléon passant du rouge révolutionnaire au noir anarchistes sans oublier le vert colo et surtout mettant en avant un égoïsme et son besoin attirance à se faire tirer le portrait.
      Très amicalement
      Michel

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