Comment laisser chacun s’exprimer, sans laisser trop de liberté, au risque de voir émerger des dissidences ?
La majorité avance sur une ligne de crête, comme l’ont montré plusieurs exemples récents.
Autant de premières petites fissures dans l’unité du groupe majoritaire, où des embryons de sous-groupes commencent à apparaître. Alors que la politique du gouvernement donne l’impression de pencher à droite, avec la réforme du code du travail ou de l’ISF, plusieurs députés macronistes – essentiellement venus de la gauche – veulent peser en interne pour porter une voix plus sociale.
A leur tête, la présidente de la commission des affaires sociales, Brigitte Bourguignon, ancienne élue du PS. » Il y a parmi nous des élus qui ont envie de mettre en marche la “jambe sociale” du projet du chef de l’État « , a-t-elle déclaré au Parisien, le 13 octobre, affirmant vouloir porter » une ligne sociale offensive « .
» Nous sommes nombreux sur cette ligne « , assure-t-elle, se défendant toutefois de chercher » à créer un sous-groupe de frondeurs « . Il n’empêche : sa sortie médiatique vient confirmer les rumeurs qui bruissent sur les envies de structuration d’un » club de gauche » au sein de la majorité.
D’autres voix discordantes se sont fait entendre ces derniers jours. En particulier quand des députés LRM ont exprimé publiquement leur opposition à la politique gouvernementale sur les vaccins. Le 2 octobre, la députée macroniste Blandine Brocard (Rhône) a participé à une conférence de presse avec des élus d’autres formations politiques pour réclamer un » moratoire « sur les obligations vaccinales.
Manon Rescan et Alexandre Lemarié – Le Monde – Titre original « LRM face au risque d’éparpillement à l’Assemblée » – Source (extrait)