Vous qui passez, passez…

Un écrit de la Vicomtesse de Saint-Luc
dans, « Fleur de chair » (1893)

Que de fois suis-je convenue avec quelque amie de m’ouvrir, le soir, nos ventres à nos maris qu’à telle heure et telle minute, pour avoir le ragoût de penser qu’au même moment, toutes les deux, nous régalions nos bouches barbues.
Et, en jouissant, nous voyons par les yeux de notre imagination, notre amie qui opérait et nous nous disions de loin, intérieurement : « à ta santé !… »
Même, nous réglions entre nous par avance, les postures que nous ferions prendre à nos maris : ou en gamin ou l’épicier ou en levrette ou en paresseuse par-devant sur la cuisse gauche où la paresseuse arrière sur la cuisse droite, etc.
C’est amusant et émoustillant, cet exercice de vision réciproque de nos jouissances simultanées et cette télégraphie de nos cons en ivresse de foutre.


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