Nous aurions bien tort de nous accoutumer aux facéties et aux médiocres soliloques de l’autoproclamé shérif du monde.
Après avoir transformé le forum économique de Davos en oasis trumpienne, le matamore de la Maison Blanche y est venu jouer — après la publication du document de sécurité nationale des États-Unis — un inquiétant monologue dans la suite du rapt du président du Venezuela, des chasses aux migrants et des crimes de sa police de l’immigration à Minneapolis, des expulsions illégales, de la répression des militants de gauche et progressistes, et de son combat contre la science et tous les contres pouvoirs.
Aucun compte ne lui a été demandé sur ces turpitudes qui constituent pourtant — rien de moins — que la violation de la charte de l’ONU, de la déclaration des droits de l’homme de 1948 et de la convention internationale sur la protection des travailleurs migrants et de leurs familles.
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Attention : le brun s’étale.
L’urgence humaine est d’autant plus pressante que Trump n’est pas un soliste égaré. Il est à la tête d’une armada de laboratoires expérimentant des politiques nationalistes, des économistes, des juristes spécialisés dans la sécurité, des militaires dévoués, des ingénieurs en infrastructures nouvelles, des nouveaux seigneurs du numérique formant l’avant-garde opérationnelle de la reconfiguration impériale. Ceux-ci ont leurs succursales sur le territoire européen et sont très actifs. Pour eux, la coopération, la politique, la diplomatie, la démocratie, la science, la culture, l’altérité ne sont que des mots, mais surtout des maux.
Les infrastructures du capitalisme tel qu’il se déployait jusque-là ne leur sont plus suffisantes : les algorithmes qui optimisent les chaînes de valeur mondiales ont vocation à se transformer en logiciels pour le renseignement, la surveillance de masse, la manipulation, la désinformation et la guerre cybernétique, les crypto monnaies deviennent une arme géopolitique, l’automatisation, un accélérateur des déshumanisations et de délocalisations ou de relocalisations égoïstes.
Les entrepreneurs du numérique qui ont fait croire à la mise en réseau d’amitiés sur la planète sont la nouvelle aristocratie de ce nouveau cycle impérial où, en amont, ils pillent le travail et les minerais rares de nouvelles colonies, au milieu ils développent un nouveau prolétariat du clic et, en aval, mènent la guerre de captage des données pour leurs réseaux, pour l’intelligence artificielle ou pour contrôler des satellites dans le ciel de la Terre. Jusque-là, l’hégémonie impériale se couvrait en associant pouvoir économique, pouvoir politique, pouvoir militaire. Le nouvel empire despotique en construction concentre d’incommensurables efforts sur l’armement et appelle à passer à une « économie de guerre » dirigée par le pouvoir politique et militaire.
Le rejet de « l’État constitutionnel » et de la pluralité de pouvoirs et de contre-pouvoirs est à l’œuvre comme on le voit avec les attaques contre les médias, les agences administratives, la justice et diverses institutions au service d’un État impartial.
Les gesticulations, les discours confus, dépourvus de vocabulaire du président des États-Unis ne peuvent être traités comme on l’entend trop, à partir de sa santé mentale. Il s’agit d’un projet politique qui porte en lui le fascisme. Il a des implications sur nos vies, sur l’information, sur la délibération publique. Il est urgent de réagir en construisant un front démocratique et progressiste et une unité populaire pour jeter les bases d’un anticapitalisme et d’un anti-impérialisme conséquents.
Extraits de la lettre de P. Le Hyaric du 31/01/2026
L’avis de Pat L.
Les mots, mais aussi l’imagination, manque pour entrevoir les conséquences de cette nouvelle politique qui va changer à coup sûr le cours du monde… contre le droit et les notions d’égalité, de fraternité…
La contamination est à craindre, elle a déjà commencé.
Les Etats-Unis sont devenus la nef des fous !