… le pouvoir, entendant rester maître, ordonne des massacres.
IRAN « On assiste à un massacre de masse, d’une ampleur inégalée ».
L’alerte d’Amnesty International France fait écho aux premiers témoignages qui parviennent d’Iran, venus de ceux qui ont réussi à en réchapper et à livrer des messages malgré le black-out orchestré par le pouvoir via la coupure d’internet.
La « volonté de tuer toutes les personnes qui manifestent » que fustige l’association résonne avec les menaces proférées : « Tout individu présent dans les rues depuis le 8 janvier est sans aucun doute considéré comme un criminel », a asséné le ministre de la « Justice », Amin Hossein Rahimi.
« En une seule nuit, 25 corps ont été dénombrés dans un local administratif. Dehdasht ressemble à Gaza », témoigne ce matin dans la presse un habitant du sud ouest de l’Iran, sous couvert d’anonymat. Plus de 3 400 morts ont été recensés par l’ONG Iran Human Rights.
Des milliers d’autres manifestants pourraient avoir déjà été tués quand au moins 10 000 contestataires ont été arrêtés.
Si la Maison Blanche, qui désormais temporise, se félicite de la suspension de « 800 exécutions » initialement prévues mercredi, le régime iranien, lui, se félicite d’avoir repris « le contrôle total ».
Toutes les craintes sont de mises pour ce mouvement qui s’est levé fin décembre contre la misère et l’oppression exercée sur tous les plans par le pouvoir islamiste. « Notre problème fondamental réside dans l’absence d’une force organisée capable de renverser le régime de la République islamique. Un bain de sang sépare désormais la société de l’État », nous explique Leila Hosseinzadeh, figure du mouvement « Femmes, vies, liberté », qui affirme que malgré tout son « peuple ne reculera pas ».
Julia Hamlaoui