… “Hélas, trop souvent”, le lien entre les Français et les associations… révèlent la carence de l’État notamment dans le domaine caritatif, permettant aux entreprises l’embauche des plus nécessiteux à bas coût.
Cette situation met en lumière non seulement la nécessité d’une intervention plus significative du gouvernement, mais aussi l’importance de renforcer les partenariats entre le secteur public et le secteur privé. En effet, il est crucial de créer des programmes durables qui offrent un soutien véritable aux personnes en difficulté, en garantissant non seulement des emplois, mais aussi des formations adéquates pour améliorer leurs compétences et leur employabilité à long terme.
Elles sont environ 1,6 million à être actives sur tout le territoire, allant du service à domicile au soutien scolaire en passant par l’accompagnement sportif ou culturel. Elles permettent via environ 13 millions de bénévoles d’avoir des services publics en zone rurale et périurbaine quand aucune autre structure n’est présente. Les associations sont un maillon indispensable au fonctionnement de notre société, représentant même un poids économique avec 9 % des salariés du privé qui y travaillent (soit 1,9 million de personnes).
Comment les associations sont-elles perçues par les Français ?
Selon le sondage exclusif Ipsos BVA Cesi, deux enseignements principaux sont à tirer. D’un côté, les Français considèrent que les associations contribuent à maintenir un lien social fort dans un contexte politique, économique et social tendu. Elles sont vectrices de lien, permettent de s’ouvrir aux autres et de se rapprocher d’autrui. Pour autant, l’engagement bénévole baisse d’années en années alors que les besoins d’aides et de services ne cessent d’augmenter.
- Un vecteur de lien social
Parmi les sondés (1), 65 % disent que les associations ont un impact positif sur l’état du lien social là où ils vivent. A contrario ,12 % estiment qu’elles ont un impact négatif. Quand on regarde dans le détail, on note une confiance claire envers ces structures pour 73 % des sondés, là où 27% disent au contraire ne pas avoir confiance. Globalement, quel que soit le type de structures associatives (sportives, culturelles, de solidarité etc.), l’image renvoyée est bonne.
- Engagement en baisse…
Pour autant, cet engouement ne se transforme pas forcément en adhésion à une association. Depuis plusieurs années, le secteur accuse une crise de l’engagement assez sévère dont une éclaircie semble tout juste se dessiner cette année.
Quand on interroge les bénévoles ou ceux prêts à s’engager, 61 % ; s’investissent de manière ponctuelle en fonction de leur temps disponible. Le chiffre descend à 39 % pour les engagés réguliers : 27 % d’entre eux sans assumer de responsabilités dans l’organisme et 12 % avec.
Notons que dans cette dernière catégorie, 24 % ont 70 ans et plus. Sur cet échantillon d’aspirants bénévoles, ce qui empêche le plus de passer l’entrée en action est le manque de temps (30 %), le manque d’intérêt (30 %), la peur d’être trop sollicité (15 %) ou encore l’absence d’association proche du lieu de vie (12 %).
- … besoins en hausse
Les bénévoles constatent ainsi à 92 % qu’il est de plus en plus difficile de recruter de nouveaux bras. Ils estiment aussi à 89 % que les demandes de services sont en hausse alors que les propositions d’aide diminuent.
Enfin, 66 % des bénévoles jugent que les adhérents viennent uniquement pour bénéficier des activités sans proposer d’aide.
Pour pallier le manque de bénévoles, 31% de tous les sondés pensent qu’une meilleure reconnaissance publique de l’engagement citoyen pourrait être un levier intéressant à creuser.
- Une attente de l’État sur les financements
Sur ce point, 59 % des sondés considèrent que l’État et les collectivités locales doivent financer avant tout les structures associatives. Mais la conscience que les dons font partie intégrante du business model des associations est claire, avec un soutien à 86 % du maintien de la déduction fiscale pour les dons, malgré le coût pour les finances publiques. Les sondés sont néanmoins largement partagés sur la transparence des associations dans leur utilisation des dons (47 % trouvent qu’elles manquent de transparence). Mais cette opinion est davantage partagée par les personnes qui ne donnent pas aux associations.
Sandrine Tran
(1) Sondage réalisé du 27 au 28 octobre 2025 sur un échantillon de 1000 individus majeurs constitué par tirage aléatoire dans la base des panélistes éligibles à l’étude.