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Six, mots rayés nuls

Certains mots sont tellement élimés, distendus, que l’on peut voir le jour au travers. Immenses lieux communs, légers comme des nappes de brouillard — par cela même difficiles à manœuvrer.

Mais ces hautes figures vidées, termes interchangeables, déjà près de passer dans le camp des signes algébriques, ne prenant un sens que par leur place et leur fonction, semblent propres à des combinaisons précises chaque fois que l’esprit touche au mystère de l’apparition et de l’évanouissement des objets.


Jean Tardieu. “Jours pétrifiés”. Ed. Gallimard


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