[Amour à mort]
Note : en fin d’article des clés pour comprendre le surréalisme.
Tais-toi
Illumine le dais coi
Le liquide rideau du soupçon
Vers la quille peignée d’orage
Sidéré sous toit à perdre vue
À griffer l’air
Vainement feuille
Sans palais
Sans jardins sans géants
Toujours tenir table maison troupeau
Musique orange durée
Naître à mourir pour le feu
Rire à feuilleter les êtres les morts et les autres les lions
Éteindre pour barrer
Si le paysage devient poule canon pied ou poil
César Moro. Recueil « Amour à mort et autres poèmes ». Ed. Orphée-La Différence.
César Moro (1903 – 1956). Écrivain péruvien, il a écrit toute son œuvre en français. À Paris, il se lie avec les surréalistes surtout Éluard et Breton et se fait plus tard le porte-parole d’un mouvement à Lima et à Mexico.
La poésie même de Moro demeure l’illustration assez singulière d’une inspiration presque étrangère à sa propre culture, et en tout cas indissociable du surréalisme jusque dans la polémique. Lui, portant non seulement ne voile pas sa sexualité violente, mais l’exprime avec une sensualité violente à la limite du délire.
Mouvement d’avant-garde né dans le sillage de Dada après la Première Guerre mondiale, le surréalisme incarne à la fois une attitude et un groupe d’artistes et d’intellectuels.
Selon l’écrivain français, André Breton, l’approche surréaliste réside dans l’exploration de l’inconscient, que ce soit dans l’écriture ou les arts.
Par ce recours à la thématique omniprésente du rêve, il réactualise les principes du symbolisme.
Une réflexion sur “Avant le premier oiseau lutteur”