Rira bien qui rira le dernier.

À Washington, l’aile du délire

Dans son discours aux correspondants de 2011, Barack Obama se moquait des goûts démesurés du magnat de l’immobilier Donald Trump, que personne n’envisageait alors comme candidat à la présidence. Le président d’alors imaginait celui-ci transformer la Maison-Blanche en grotesque palais doré aux allures de casino, un espace dans lequel le luxe ostentatoire régnerait en maître, symbolisant l’excès et la démesure qui pouvaient caractériser Trump.

C’est chose faite.

Trump a ordonné ce 23 octobre, sans autorisation, la destruction de l’aile « est » de la « Maison du peuple », une décision qui ne manque pas de soulever des questions sur le respect de l’histoire et de la culture qui imprègnent le bâtiment. La remplacera une salle de bal disproportionnée (8 400 mètres carrés), un projet qui s’annonce comme un grossier mélange de références pillées au rococo, un style artistique qui, tout en étant flamboyant, semble mal s’accorder avec la gravité et la dignité des lieux.

Les critiques s’interrogent sur l’avenir de cette institution emblématique, redoutant que la vision de Trump ne transforme la Maison-Blanche en un simple théâtre de spectacle, plutôt qu’en un symbole de démocratie et de responsabilité.

Les six membres de la Commission des beaux-arts, agence fédérale étudiant et validant les travaux architecturaux à Washington, ont aussi été remerciés.

Aux USA, la guerre culturelle se mène sur fond de revanche.


Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.