Sonnet
De fureur de soucy, mon âme tourmentée
Sous vostre cruauté, désire contre un fer,
Caché dedans mon cour, tresbucher en l’enfer,
Pour s’aller rafraichir en l’onde,
Acherontee
Mais lors que de tel soin je la sens agitée,
Voulant dedans mon sang teindre un mortel acier,
Vos yeux tiennent ma main, et me font désirer
La vie que j’en ay heureusement succee.
Et vous qui cognoissez qu’avec toute puissance
Vous maistrisez mon cour, et ceste belle essence,
Dont l’humaine chaleur me fait vivre icy bas
Vous vous jouez de moy, et d’une bonne grâce
Cruelle vous voulez ores que je trespasse,
Et puis changeant de front vous ne le voulez pas.
Béroalde de Verville. 1556-1626