Où es-tu toi dans moi qui bouges
Toi qui flambes dans moi soudain
Et ce mouvement de ta main
Pour mettre à tes lèvres du rouge
Où es-tu plaisir de ma nuit
Ma fugitive passagère
Ma reine aux cheveux de fougère
Avec tes yeux couleur de pluie
J’attends la minute où tu passes
Comme la terre le printemps
Et l’eau dormante de l’étang
La rame glissant sur sa face
Dans mon cadre profond et sombre
Je t’offre mes regards secrets
Approche-toi plus près plus près
Pour occuper toute mon ombre
Envahis-moi comme une armée
Prends mes plaines prends mes collines
Les parcs les palais les salines
Les soirs les songes les fumées
Montre-moi comme tu es belle
Autant qu’un meurtre et qu’un complot
Mieux que la bouche formant l’o
Plus qu’un peuple qui se rebelle
Sur les marais comme à l’affût
Un passage de sauvagines
Et battant ce que j’imagine
Anéantis ce que tu fus
Reviens visage à mon visage
Mets droit tes grands yeux dans tes yeux
Rends-moi les nuages des cieux
Rends-moi la vue et tes mirages
Aragon. « Elsa ». Ed. Gallimard

Oui la photo date… un peu… pas loin d’un demi siècle
Cette image symbolise tant de partages, tant expériences passées, de bons moments, quelques uns difficiles car parfois la vie n’est pas tendre, mais vivre tout cela en compagnie de MADAME ma femme, facilite le temps de passage sur cette terre.