Soir d’automne

Je la suivais, pensif, sur les herbes du pré,
Frôlant discrètement sa longue robe blanche
Qui livrait le secret des lignes de sa hanche
Aux regards alanguis de Vesper empourpré.

Elle allait… et sa main, oiseau d’ivoire ambré,
Toute mignonne et douce, échappant de sa manche,
D’un geste de statue élevait une branche
Qu’elle avait arrachée aux touffes du fourré.

La belle indifférente, elle marchait sereine
Et ne se doutait pas que la rive était pleine
D’effluves embrasés par les folles amours ;
Car j’ai bien entendu, moi, sous les feuilles jaunes,
Soupirer le dieu Pan et chuchoter les faunes ;
Mais ils n’y pensent plus et j’en rève toujours.


Claudius Popelin Recueil : « Poésies Compètes (Ed. 1889) ». Ed. Hachette/BNF

Paysage verdoyant avec des arbres illuminés par la lumière du soleil, créant un contraste avec le ciel nuageux en arrière-plan.

Photo MC


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