De Villiers et SA pétition…

Il « fait » tout pour que sa pétition ait le même retentissement que celle contre la loi Duplomb…

Le compteur s’affole : une pétition lancée il y a dix jours et réclamant un référendum sur l’immigration dépassait le million et demi de signatures.
Au même moment, le présentateur de CNews Pascal Praud tempêtait contre la faible couverture médiatique accordée à cette initiative lancée par le souverainiste Philippe de Villiers, lui aussi animateur sur la chaîne détenue par le milliardaire conservateur Vincent Bolloré.
La veille, il pestait déjà contre cette « différence de traitement » par rapport à la pétition contre la loi Duplomb (1), qui a rencontré un vaste écho cet été.

La comparaison s’arrête là.
Quand la pétition anti-loi Duplomb s’opposait à la réintroduction d’un pesticide et au développement des mégabassines, celle de Philippe de Villiers s’attaque à l’immigration.

Il n’y a pas que le fond qui diverge, mais aussi la forme.
La pétition contre la loi Duplornb avait été lancée par une étudiante sur la plateforme dédiée de l’Assemblée nationale.
Le fondateur du Puy du Fou a, lui, créé un site spécialement pour l’occasion, et pas tout seul.

Dans les mentions légales, on apprend qu’il en est l’éditeur, mais l’adresse physique renvoie au bâtiment parisien hébergeant les locaux de CNews, d’Europe 1 et du JDD. Les médias de la galaxie Bolloré ne cachent d’ailleurs pas leur lien avec cette pétition.

Des signataires fictifs ?

Autre différence, et de taille, avec la pétition contre la loi Duplomb : le système de vérification de l’identité des signataires. Sur le site de l’Assemblée nationale, les utilisateurs doivent se connecter via France Connect, ce qui permet de les authentifier. La pétition de Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon, dit de Villiers, est beaucoup plus permissive. Certes, il n’est pas possible de signer plusieurs fois avec la même adresse e-mail. Mais contrairement aux plateformes spécialisées comme change.org, aucun e-mail n’est envoyé pour valider une signature.

Autrement dit : tout le monde peut faire signer n’importe qui.
Nous avons fait le test nous-mêmes, en indiquant une identité fictive.

Résultat : notre participation a été validée. Il est même possible de renseigner une adresse mail existante, mais qui ne nous appartient pas. Il est donc permis de douter qu’un million et demi de personnes ont bel et bien signé la pétition. (2)

Cette dernière reçoit d’ailleurs un accueil timide à droite et à l’extrême droite, deux camps qui exigent pourtant depuis des années un référendum sur l’immigration.

Laurent Wauquiez (LR), Éric Zemmour (Reconquête D et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) l’ont signée, mais les soutiens de poids manquent.

Au RN, Sébastien Chenu et Marine Le Pen approuvent à demi-mot, mais disent ne plus signer de pétition. Le site de leur parti héberge cependant une pétition enjoignant « un référendum sur l’immigration ».


Léa Guyot. Le Dauphiné. 18/09/2025


  1. Les députés de la commission des affaires économiques de l’Assemblée, saisie de la pétition contre la loi Duplomb, ont unanimement voté mercredi pour son examen en commission.
  2. Note : l’article est posté au titre de l’info plurielle. D’aucune façon, cette info, doit être perçue comme une incitation à signer cette pétition. Bien évidemment chacune, chacun peut en penser ce qu’elle-il veut. MC

L’avis de RBLAPLUME

Monsieur Philippe De Villiers se drape dans des postures « républicaines » qui ne trompent personne.
Quant à sa pétition, qui ne peut entrer dans aucune des dispositions prévues par la Constitution, n’est là que pour occuper l’espace médiatique de CNEWS, par exemple :

Conseil Constitutionnel
Le référendum est-il prévu par la Constitution ?
Oui, deux dispositions le prévoient :

Article 11 : « Le Président de la République, sur proposition du Gouvernement pendant la durée des sessions ou sur proposition conjointe des deux assemblées, publiées au Journal Officiel, peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique ou sociale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions.

Lorsque le référendum est organisé sur proposition du Gouvernement, celui-ci fait, devant chaque assemblée, une déclaration qui est suivie d’un débat.

Lorsque le référendum a conclu à l’adoption du projet de loi, le Président de la République promulgue la loi dans les quinze jours qui suivent la proclamation des résultats de la consultation. »

A noter les Audiences en 2025
France Info : 2 673 000 auditeurs quotidiens entre 7h et 10h

CNEWS 3,2 % de part d’audience soit un peu plus de 230 000 télespectarteurs en moyenne
BFM 3,2 % de part d’audience
LCI 1,8% de part d’Audience


RBLAPLUME


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