Un virage est-il programmé ?

Le président de la République devra nommer un nouveau Premier ministre chargé de constituer un gouvernement, dont la priorité sera de faire voter le budget de la France et celui de la Sécurité sociale.

C’est justement l’impossibilité de faire voter un budget, comprenant des économies drastiques, qui a conduit François Bayrou à prendre la décision d’un vote de confiance.

Même si cette initiative a surpris tous les bancs de l’Assemblée, les différents partis politiques d’opposition ont vite, très vite réagi. La plupart ont intégré qu’il s’agissait d’une démission déguisée. C’est en tout cas la façon dont les députés insoumis ont analysé la décision de François Bayrou.

Qu’il compte sur nous

« Il nous donne la date de sa chute. Qu’il compte sur nous, nous serons au rendez-vous », a réagi Mathilde Panot, la présidente du groupe insoumis. Jean-Luc Mélenchon voit même dans la décision de François Bayrou la victoire de la mobilisation populaire en cours. « Les Insoumis seront fiers d’y avoir contribué utilement », a-t-il ajouté. Ce dernier prophétise depuis longtemps que le chef de l’État sera contraint de provoquer une présidentielle anticipée.

Sans aller jusque-là, l’analyse est la même du côté du Rassemblement national de Jordan BardeHa. « François Bayrou vient d’annoncer la fin de son gouvernement, miné par son immobilisme satisfait », a réagi le président du parti d’extrême droite. Marine Le Pen, la présidente des 123 députés RN, demande à nouveau une dissolution.

Le parti à la flamme est cette fois-ci quasiment prêt pour d’éventuelles législatives anticipées. Les partis de gauche, sans être prêts, ont aussi avancé sur le sujet.

Nouvelle dissolution ?

Car depuis les législatives de juin et juillet 2024 et le manque de majorité à l’Assemblée nationale, c’est mission impossible pour les gouvernements de faire voter le budget.
Michel Barnier en a fait les frais et n’est resté que 99 jours à Matignon, chutant en décembre dernier sur une motion de censure, consécutive à l’emploi du 49.3 pour faire voter le budget. François Bayrou a réussi au début de l’année à faire voter un budget en négociant un accord de non-censure avec le Parti socialiste.

Mais le PS n’entend plus être la béquille du gouvernement et l’a fait savoir à François Bayrou. À six mois des élections municipales, il sera très difficile à un gouvernement, actuel ou futur, de trouver une majorité pour voter un budget en baisse pour les collectivités locales. De quoi relancer l’hypothèse d’une autre dissolution.

Retour de l’inquiétude sur les marchés : la Bourse de Paris a nettement reculé lundi et le taux d’intérêt de la dette française a grimpé, dans la foulée de l’intervention devant la presse de François Bayrou sur le budget.
L’indice vedette parisien, le CAC 40, a chuté de 1,59 %, perdant 126,65 points, à 7843,04 points.


Article signé des initiales N.M. Le Dauphiné. 26/08/2025

Macron est dans une impasse, récoltant les conséquences de ses actions. Un troisième premier ministre temporaire ne changera rien et pourrait aggraver la situation morale et financière des Français. Peut-être q’le manu envisage de tenir jusqu’aux municipales, tout en espérant trouver un « leader » premier ministre capable de mener l’Assemblée nationale actuelle jusqu’en 2027, en faisant voter le budget 2026 par petit bout voir une nouvelle fois utiliser le 49.3.
Envisager cette dernière option n’est pas raisonnable pour Macron et son équipe et Mélenchon a raison : seule une dissolution suivie de nouvelles législatives pourrait apporter un changement. Mais qui pourrait garantir qu’une nouvelle assemblée aurait une majorité pour gouverner ?
Que « donnera » la manifestation du 10 septembre ?

MC


Une réflexion sur “Un virage est-il programmé ?

  1. bernarddominik 26/08/2025 / 18h49

    La démission de Macron me paraît la seule solution à cette crise de confiance. Mais Macron est un irresponsable

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