TV : Retour aux incontournables

Tout l’été, la télévision a déclaré forfait : pas de fictions inédites, peu de documentaires et des jeux à l’infini. À se demander pourquoi une telle multiplication de chaînes pour un contenu aussi médiocre. Depuis la semaine dernière, les programmes ambitieux reviennent. Zoom sur les deux « series » rendez-vous incontournables de la rentrée.

« Empathie », nul ne guérit de son enfance

Empathie est sans doute la série la plus intéressante de cette rentrée. Elle raconte l’histoire de Suzanne, qui commence sa première journée de psychiatre dans l’aile D de l’institut de Mont-Royal, au Canada. Cette fameuse « aile D » est l’équivalent de nos « unités pour malades difficiles » en France : elle regroupe des personnes qui ont commis des crimes, mais ne peuvent pas être en prison pour des questions psychiatriques.

Dans cette unité, Suzanne se voit adjoindre une sorte de garde du corps, Mortimer (Thomas Ngijol), un Français avec qui elle se lie d’amitié, et toute une petite équipe avec qui elle va devoir composer, bon gré mal gré. Elle essaie aussi de gérer au mieux ses patients, pour qui on se prend d’empathie : M. Dallaire, qui a des amis imaginaires, Mme Moisan, qui crie, insulte, frappe, M. Villeneuve, dont elle doit juger la responsabilité pénale. Les dix épisodes oscillent entre les moments de gravité absolue et les fous rires compulsifs, dans l’équipe comme devant son écran.

La vie de Suzanne, on le comprend vite, est parsemée de drames et de coups de chances, de traumatismes violents, qu’elle guérit, aussi, en soignant les autres. Et ce qui frappe, au fil des épisodes, c’est qu’aucun des personnages n’échappe, justement, à son enfance. La série est donc extrêmement politique : elle parle de l’importance du soin, de l’empathie, en termes de santé mentale, même dans les cas qui semblent les plus désespérés.

Elle parle aussi de protection de l’enfance, puisque tous les personnages ont vécu des moments épouvantables, entre violence intrafamiliale, abandon, maltraitance. Elle parle aussi et surtout, à travers les deux personnages magnifiques de Suzanne et de Mortimer, de la possibilité d’une résilience.

Écrite par l’interprète principale de la série, Florence Longpré, cette série hors normes est d’une poésie totale à l’image, et d’une justesse remarquable dans le scénario.

  • Empathie Série, Canal Plus, lundi 1er septembre, 21 heures.

Surface, les cicatrices du cœur ne se referment pas

Noémie Chastain (Laura Smet) est en colère. La capitaine de police parisienne, gravement blessée au visage lors d’une intervention, vient d’être affectée provisoirement au commissariat du village d’Avalone, dans l’Aveyron. Et elle le prend comme une punition. Le lendemain de son arrivée, un pêcheur ramasse un fût qui flotte à la surface du lac. À l’intérieur, le squelette d’un petit garçon de 9 ans, disparu avec deux de ses amis vingt ans plus tôt. Les recherches, en 2001, ont cessé très vite : la construction d’un nouveau barrage a entraîné la submersion volontaire de l’ancien village d’Avalone.

Depuis, dans le nouveau village, la plaie est béante : les parents ne se sont évidemment jamais remis de cette perte, ni le commissaire en place ni aucun habitant. Noémie Chastain prend l’enquête en charge, avec détermination et un chouïa de brutalité. Elle va, assez vite, recevoir l’aide logistique de la police fluviale. L’un des plongeurs, Hugo (Tomer Sisley), va constater, très vite, que les traumatismes de Noémie remontent en flèche à la surface avec cette histoire. Et qu’ils sont bien plus anciens que sa blessure au visage. En six épisodes, une série plus qu’honnête.

  • Surface, série, France 2, lundi 1er septembre, 21h10 et france.tv

Note : pour avoir visionné « Surface » dans son ensemble, je puis dire que tous les acteurs jouent juste, que l’équilibre des 6 épisodes est bonne, que l’intrigue et son explication reste présente jusqu’à ultime épisode.
Juste un regret… 10-15 minutes de remplissage au final qui n’apporte pas grand-chose si ce n’est une explication de l’attitude d’un des personnage… cela aurait pu, aurait dû tenir en 5 minutes maxi. MC


Caroline Constant. Source


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