Est-elle un « berceau »…

… du racisme et saluts nazis ; la Creuse ?

Sept plaintes ont été déposées pour violences physiques et verbales « à caractère raciste », suite à des agressions dans la nuit du 15 au 16 août lors d’une fête de village. Alors qu’un élu municipal est mis en cause, une manifestation en soutien aux victimes lundi 25 août aurait été perturbée par des saluts nazis.

Aux abords du village tranquille de Royère-de-Vassivière dans la Creuse, la nuit du 15 au 16 août a été marquée par une attaque « à caractère raciste » contre un groupe de jeunes après une fête de village.

Selon les révélations d’ICI Creuse, sept victimes ont déjà déposé plainte, pour « violences en réunion avec et sans caractère raciste ». Celles-ci dénoncent une véritable « chasse au nègre ».

Tout a commencé par des injures « à caractère raciste » à l’égard d’un jeune homme, seule personne noire d’un groupe d’amis. Des invectives qui ont suscité l’indignation de ses copains. Ceux-ci auraient tenté de calmé les agresseurs. En vain.

Par le biais de leur avocate, Maître Colline Bouillon, interrogés par Libération, les jeunes expliquent avoir été « pris à partie et frappés au visage ». « Ils se sont tour à tour fait injurier, frapper, étrangler, pousser au sol et une personne a perdu connaissance », ajoute l’avocate. D’autres ont ensuite été « pourchassés dans le village par plusieurs véhicules jusqu’à devoir se réfugier chez une personne ». Des actes commis par « au moins un élu municipal » et « par préméditation », selon les éléments transmis par l’avocate à Libération.

  • Des séquelles physiques et psychologiques

Les habitants, sous le choc, ont directement réagi. Mardi 19 août, sur le marché du village, de nombreux tracts ont été distribués en soutien aux victimes, s’inquiétant d’éventuelles « séquelles physiques et psychologiques ».

Tout en dénonçant le caractère raciste des attaques, ils déclarent s’exprimer « pour que la peur change de camp » et rappellent que « le racisme n’est pas une opinion ». Le prospectus accuse « des membres de l’organisation de la fête » d’être à l’origine des invectives racistes et des violences physiques.

Dans un communiqué, le comité de l’animation chargé de l’événement a désengagé sa responsabilité, rappelant que les faits se sont déroulés après la clôture des festivités. Deux membres de l’organisation, mis en cause par les accusations des jeunes ont porté plainte pour diffamation, reconnaissant une altercation sur fond d’alcool, mais niant toute intention raciste.

L’un d’eux, Cédric Lecomte, conseiller municipal et membre de l’association avait initialement expliqué à la Montagne : « À la fin de la fête vendredi soir, alors qu’on était en train de partir, on a vu un groupe d’une dizaine de jeunes qui squattaient, qui traînaient sur une table, et qui essayaient de piquer des gobelets. Ils ont commencé à nous jeter des bouteilles, et on ne s’est pas laissé faire. Ils sont partis en courant après. Mais oui, ça s’est engueulé, c’est sûr ».

  • Un caractère raciste bien présent selon l’avocate

De son côté, la gendarmerie a déclaré avoir assisté à un différend entre deux groupes de personnes, confirmant la présence de « propos discriminatoires » bien que « personne n’était physiquement en danger lors de l’arrivée des agents », selon les informations de la radio locale ICI Creuse.

Lors d’une conférence de presse lundi, Maître Coline Bouillon a bien insisté sur la présence de racisme dans ces agressions, précisant qu’elle poursuivra en diffamation toute personne niant cela.

Alors qu’elle explique encore devoir s’entretenir avec des victimes « traumatisées » pour fixer le nombre exact de plaintes, l’avocate assure qu’une ou plusieurs plaintes auront pour objet « violence en réunion à caractère raciste ». Des victimes auraient d’ailleurs eu des Interruptions totales de travail (ITT), dont certaines supérieures à 10 jours.

En guise de soutien aux personnes agressées, un rassemblement a été organisé par les citoyens de la commune lundi 25 août à 17 heures, pour réaffirmer « l’urgence de réagir (…) face à des situations qui mettent en danger des habitants du territoire ».

  • Des saluts nazis et des menaces de mort

Sur la place Mayade, la manifestation a été perturbée par un groupe d’individus semblant soutenir les agresseurs, rapporte Libération mardi 26 août. Selon les témoins interrogés par le journal, ces habitants se seraient livrés à des saluts nazis et l’un d’eux aurait menacé de mort l’avocate des victimes, en prononçant : « la prochaine fois, on viendra avec les fusils et les cartouches ».

Toujours selon le quotidien Libération, l’avocate a déclaré saisir la justice pour ces menaces, soutenue par trois personnes présentes au moment des faits.

Sous couvert d’anonymat, le jeune homme ciblé par les attaques racistes a également donné sa version des faits auprès de la presse lundi. « Non, ce n’était pas une bagarre entre personnes alcoolisées. Nous avons vécu un tabassage en bande organisée, sous fond d’injures à caractère racial, et notre seule réponse possible était la fuite », a-t-il témoigné.


Jade Lucas. Source


3 réflexions sur “Est-elle un « berceau »…

  1. bernarddominik 30/08/2025 / 14h52

    J’ai lu l’article sur Mediapart.
    C’est honteux et très inquiétant.
    Cela me rappelle le sinistre Klu klux klan.

  2. raannemari 30/08/2025 / 21h26

    Quand au plus haut niveau de l’Etat le racisme est décomplexé, il ne faut pas s’étonner de tels comportement. C’est une honte.

  3. rblaplume 01/09/2025 / 18h25

    La parole est déculpabilisée. La violence, sous différentes formes, est banalisée.
    Des manifestations, avec des slogans et/ou attitudes voire des fanions rappelant l’époque nazie, à la vue de tous sous l’objectifs des caméras, en toute impunité, sont tolérés et mis en valeur.
    Pour certaines, ces manifestations tombent sous le coup de la loi.
    Ce phénomène impensable, il y a quinze ans, autorise le mimétisme et le passage à la provocation et à l’acte de grande violence, en groupe.
    La seule réponse pour cetains est de rédiger plus de textes législatifs qui demeureront sans effet. Rien que des faits de manches pour calmer l’opinion et parfois des coups de bâtons distribués à ceux qui contestent les effets désastreux, même de manière pacifique ce type de politiques.
    Triste constat !
    RBLAPLUME

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