Définir « Aimer »

Aimer,
ça donne à voir, ça convoque des choix,
ça boussole le devenir, ça booste le cafard,
ça essore et sèche les verrues de l’œil.

Aimer,
ça donne à lire dans les lignes d’entre cœur
dans les lignes du demain,
d’entremets de mots dits de destins,
dans les parenthèses restant à ouvrir,
dans les mots ouverts puis refermés à plat,
dans les pages déjà supposées supputées
mais non encore écrites.

Aimer,
ça donne et crée, installe tout palier à l’étage de soi-même,
regard droit en l’horloge des hiers et des rets
ça muscle des possibilités qu’on n’aurait pas pensées,
dont on ne soupçonnait même pas
être puissamment détenteur en titre
et en développement.

Aimer,
ça sous-tend du lien des liens, des ligatures d’horizons
des vergetures d’habitude, des difficultés tangibles,
des gifles endiablées de facilité.

Aimer,
Oui, se tendre dans l’en-face de la glace et la briser,
sans s’être aperçu, ne pas s’y reconnaître.

Aimer,
ça donne des ailes à celui qui ne souhaitait pas
à l’origine décoller, rendre visible l’invisible,
prendre les airs, s’emplir ras bord les poumons
enfin de vie, puis de légèretés audibles.

Aimer,
se créer, s’affirmer à deux tout risque à encourir.


Gilles Compagnon. Recueil : « Souffleur de vers, poseur de prose ». Ed J. Flament.


Identifier vos commentaires ; sinon c'est direction poubelle.