Vers une « famine de masse » à Gaza

Razan Abu Zaher avait 4 ans. La fillette est morte dimanche dans un hôpital de Gaza des suites de complications liées à la faim et à la malnutrition, selon sa famille et les médecins. CNN a montré des images de son corps squelettique sans vie.

Razan donne un visage au cri d’alarme de plus de 100 ONG qui ont alerté mercredi sur la propagation d’une « famine de masse » à Gaza et appellent à une levée immédiate du blocus humanitaire imposé par Israël. Le décompte macabre s’accélère ces derniers jours.

Au moins 10 Gazaouis sont morts de faim entre mardi et mercredi, selon le ministère de la Santé contrôlé par le Hamas dont les bilans sont jugés crédibles par l’ONU. Cela porte à 111 1e nombre de victimes de la famine depuis le début de la guerre, dont au moins 80 enfants.

Israël nie toute responsabilité et accuse le mouvement islamiste palestinien d’avoir délibérément créé une crise en pillant l’aide pour financer sa bataille armée. « Il n’y a pas de famine causée par Israël. Il s’agit d’une pénurie provoquée par le Hamas », affirme le porte-parole du gouvernement, David Mencer.

Ces affirmations sont largement démenties. « La malnutrition et le risque de famine sont le résultat du blocus imposé par Israël », dénonce le porte-parole du ministre français des Affaires étrangères.

71.000 enfants en danger de mort

Depuis plus de quatre mois, Israël empêche les ONG et les Nations unies d’apporter une as­sistance humanitaire aux 2 millions de Gazaouis. L’État hébreu impose des distributions confiées à une Fondation américano-israélienne qui se déroulent dans des conditions chaotiques. Un millier de Gazaouis ont été tués en cherchant à accéder à cette aide instrumentalisée par Israël selon ses détracteurs.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) rappelle que « l’utilisation de la famine comme arme contre les civils constitue un crime de guerre ». « 71 000 enfants risquent de mourir de faim s’ils ne reçoivent pas un traitement contre la malnutrition aiguë la plus sévère », s’alarme Baptiste Chapuis, responsable du plaidoyer à l’Unicef France, sur franceinfo.

Les États-Unis semblent les seuls à pouvoir faire pression sur Israël pour éviter une tragédie de grande ampleur. Steve Witkoff, l’envoyé spécial de Donald Trump, arrive à Rome en Italie pour discuter d’un hypothétique cessez-le-feu et d’un projet déjà contesté de corridor humanitaire pour acheminer l’aide à Gaza.

Selon l’Unicef, plus de 116 000 tonnes de nourriture sont actuellement stockées à l’extérieur de l’enclave. Les débloquer permettrait de nourrir 1 million de Gazaouis pendant quatre mois.


Luc Chaillot. Le Dauphiné 24/07/2025


Une réflexion sur “Vers une « famine de masse » à Gaza

  1. raannemari 26/07/2025 / 19h18

    HONTE, HONTE à toutes celles et à tous ceux qui pourraient agir et ne font rien, se rendant complice du génocide commis par le régime occupant israélien.

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