Telle une tunique ancienne
La nuit n’a pas résisté
Les barbares l’ont déchirée
Sans effort
Juste avec leur mauvaise haleine.
De cette faille des rêves tronqués
S’échappent
invisibles, entêtés.
Ils se sont acharnés sur les statues muettes
Sur les pierres du Temps.
Ils ont dévasté toutes les mémoires
Même celles des rats.
Le sang mêlé à la mère de à l’urine à la peur
Ce sang a séché sur des mains
Aux doigts métalliques.
Plus de baume plus d’air
Pour calmer les douleurs.
Tahar Ben Jelloun. Recueil : « Douleur et lumière du monde ». Éd. Gallimard