Quand tout est délabré
Les sentiments et les liens
La sincérité et le regard
Quand l’air est vicié
La lumière empêchée
Et la terre blessée
Il faut marcher dans les forêts
Le corps droit
Dans l’immensité de la solitude
Donner au cœur le sang
Et à l’esprit un peu d’intelligence
Il faut entrer dans des buissons
Et écouter humblement le silence
Sans attendre de miracle
Sans réparation.
Tahar Ben Jelloun. Recueil « Douleur et lumière du monde ». Éd. Gallimard