La vie,
bric-à-brac indéfinissable.
Festin en vrac de hasards impromptus.
On se supporte, on s’escorte, puis les pas se séparent.
La vie,
orchestre big bazar sans corde ni cuivre,
au plus des sons du bruit du brouhaha
une cacophonie.
La vie,
une voie possible, un temps sans boussole,
des horloges sans l’heure des saisons
à leur cadran.
La vie,
une foire ouverte aux vents,
chagrins sous manteau, bonheur sur chaîne
de montage passé au crible des vents.
La vie,
des rencontres, des partages, des bouts
de sentiers ensemble puis à l’amble
dispersés.
La vie,
une voie pas si tranquille et son fleuve tortueux
et ses méandres cyniques vus de la barge.
La vie,
on drague, on brasse le fond putassier
en eaux troubles inconnues, on fouille des alluvions
d’illusions perdues.
La vie,
en recherche de limon, on tombe
sur d’infertiles mélasses ; finie la dame de nage,
on rame et s’y noie.
La vie,
si souvent inscrite au quai d’un halage,
dans une marge qui nous surprend,
qu’on n’a pas toujours choisie.
Gilles Compagnon. Recueil « Souffleur de vers, poseur de prose ». Ed. J. Flament.